Festival de Cannes (190589)
Cannes, 19mai(APIC/Yvan Stern) "Francesco", de Liliana Cavani, était l’un
des films très attendus du 42e Festival de Cannes. Conférence de presse
suivie par un nombre record de journalistes, une nuée de photographes, des
batteries de caméras TV, c’était l’événement vendredi 19 en début d’aprèsmidi dans le Palais des Festivals. Un remue-ménage impressionnant et un
service d’ordre sur les dents pour l’une des productions les plus coûteuses
présentées cette année : l’histoire du pauvre parmi les plus pauvres, François d’Assise. Mais ce film s’est fait copieusement huer lors de sa première projection. Ce qui a motivé l’engouement des journalistes, c’est
Mickey Rourke, incontestable vedette américaine aux rôles, jusqu’à présent,
cantonnés dans le genre "gros bras" et violent.
"Francesco" est une production italienne. On doit à sa réalisatrice des
films au ton assez personnel comme "La Peau", "Milarepa" ou "Berlin Affair". Première surprise - l’acteur principal et les lois du marché obligeant - "Francesco" est en anglais. Deuxième mauvaise surprise : Liliana
Cavani s’est contentée d’illustrer, sans imagination, d’images léchées, accompagnées de musique sirupeuse, quelques épisodes de la vie de Saint François qui a disposé - vedettariat oblige - de six habilleurs pour s’occuper
de sa bure, durant le tournage... Ajoutez que Mickey Rourke, malgré ses
larmes, son pathos et sa barbe franciscaine, a du mal à faire croire à son
personnage en promenant son physique avantageux dans les quartiers pauvres
d’Assise. Le cinéma religieux vient de produire un navet de plus qui trouvera place dans des salles, surtout outre-Atlantique, aimant le kitsch.
Cet échec est heureusement compensé par deux films passionnants qui,
parce qu’ils n’ont aucune vedette en tête d’affiche, n’ont pas déchaîné les
passions des journalistes : "Pluie noire", de Sohei Immamura, émouvante
histoire d’amour avec, comme toile de fond, le bombardement atomique de
Hiroshima, et "Do the right thing", du jeune noir américain Spike Lee,
constat cru de la haine raciale dans une rue de New York, un jour torride
d’été. (apic/ys/bd)