Festival de Cannes (190589)
Cannes, 19mai(APIC/Yvan Stern) Des "Etats généraux de la Francophonie" se
sont tenus à Cannes le jeudi 18 mai à l’invitation d’Alain Decaux, ministre
français chargé de la Francophonie. Cela à quelques jours de l’ouverture à
Dakar du Sommet des chefs d’Etats et ministres des pays francophones.
Un ordre du jour peu clair (certains parlaient TV, audiovisuel; d’autres
ne voulaient entendre que production cinématographique) et des discussions
laborieuses ont conduit la cinquantaine de cinéastes présents à adopter des
revendications pour la rencontre de Dakar. Ces cinéastes demandent : la
création d’un fonds de soutien à la production de films des pays francophones; l’imposition de quotas de diffusion pour les TV de ces pays (60 % de
production francophone dans les programmes); la révision des accords de coproduction jugés trop avantageux pour les pays du nord; la création d’une
société de distribution en Afrique.
Ces revendications n’ont - aux dires des responsables politiques
présents à Cannes - aucune chance d’être approuvées par le Sommet de Dakar,
car trop coûteuses. Elles cachent mal, de plus, d’importances scissions
dans le monde culturel francophone qui regroupe tous les pays usant, au
moins partiellement, de la langue française. Si la France est heureuse de
contribuer à l’extension de sa culture dans le monde, les Québécois, les
Wallons cherchent avant tout des appuis pour résister à l’invasion de l’anglais et à la pression du flamand.
Les Africains, pays arabes et Afrique noire confondus, veulent bien des
subsides de la France mais pour développer leurs propres cultures, donc
leurs propres langues. Cette dernière revendication, on l’écoute poliment.
Mais, dans la pagaille actuelle qui régit l’audiovisuel européen, soumis à
la loi du marché américain, les cinéastes du sud sentent qu’ils seront, eux
les premiers, les laissés-pour-compte. Comme on leur a donné la parole,
lors de ces Etats généraux, ils ne se sont pas privés d’exprimer leurs
doléances. Med Hondo, un cinéaste mauritanien réclamant même que les films
africains aient une part de 30% dans les quotas de production, diffusion et
promotion des pays francophones. (apic/ys/bd)