Fatima: session des évêques d’Europe chargés des médias (290390)
Fatima, 29mars(APIC) Des évêques d’Europe chargés des médias et des experts en la matière, 85 au total, venus d’une vingtaine de pays, ont pris
part du 22 au 25 mars à Fatima (Portugal) à une session consacrée aux médias. Au terme de cette session, présidée par Mgr Remy Victor Vancottem,
évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles, des recommandations destinées au
Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE) ont été faites. Parmi les thèmes qui figurent au nombre de ces recommandations, relevons
notamment la mise en place d’une coordination européenne; l’attitude correcte face aux médias et leur utilisation appropriée; la place donnée à la
communication dans les diocèses; la solidarité avec les Eglises de l’Est.
Mgr Pierre Mamie, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg représentait la Conférence des évêques suisses à Fatima. Et pour la première
fois, des évêques de l’Europe de l’Est se trouvaient aux côtés d’évêques
d’Europe occidentale pour réfléchir aux enjeux ecclésiaux dans le domaine
des médias. Parmi les personnalités présentes figuraient notamment Mgr John
Patrick Foley, président du Conseil pontifical pour les Communications sociales, le cardinal Carlo Maria Martini, président du CCEE et archevêque de
Milan ainsi que le cardinal Franz König.
Quelques interventions importantes ont marqué la rencontre. Le cardinal
Martini a confirmé la mission des évêques chargés des médias en Europe, en
soulignant que la communication est au coeur même du message évangélique,
puisqu’elle vise à la communion. A ce titre, la communication est un critère d’évangélisation. A propos de la deuxième évangélisation de l’Europe à
laquelle invite le pape, le cardinal a rappelé qu’elle ne part pas de zéro,
comme si rien n’avait été fait. Il a invité à se servir des moyens de
communication sociale pour renforcer l’impact de la Bonne Nouvelle et du
témoignage, y compris pour une évangélisation explicite. L’archevêque de
Milan a mis l’accent sur la nécessité d’une présence chrétienne dans le
monde professionnel des médias.
L’unité de l’Europe ne peut pas être qu’économique
D’autres interventions ont été faites, au nombre desquelles celles du
cardinal Franz König, ancien archevêque de Vienne, de Mgr John Foley et de
Lucas Pires, député européen et ancien ministre portugais de la Culture.
Evoquant l’après 1992, ce dernier ne voit pas l’intérêt de déstabiliser les
liens privilégiés des Douze, qui les rendent plus disponibles aux pays candidats à une adhésion au Marché Commun. Et s’il est vrai que l’unité de
l’Europe ne peut pas être qu’économique, il est tout aussi vrai que la construction européenne se heurte encore à des obstacles politiques et culturels. Sans nier qu’il existe un lien qui unit tous les pays du continent,
Lucas Pires juge artificiels les discours qui présentent l’Europe comme un
tout, de l’Atlantique à l’Oural, sans tenir compte des nationalismes et des
disparités culturelles.
Au terme des échanges qui ont mis en lumière des situations extrêmement
diversifiée en ce qui concerne l’espace laissé à l’information religieuse
et les politiques d’émission, les participants ont adressé aux conférences
épiscopales, auxquelles reviennent les décisions en la matière, toute une
série de recommandations, en les invitant à en faire des priorités pastorales.
Bannir le paternalisme
Les délégations ont tout d’abord plaidé en faveur d’une réelle solidarité en termes de collaboration et d’échanges entre l’Europe de l’Est et de
l’Ouest. Il a été suggéré au cardinal Martini, en sa qualité de président
du CCEE, de proposer à chaque Conférence épiscopale de prendre des initiatives à ce sujet, dans le domaine des émissions religieuses radio et TV, de
l’édition, de la collaboration rédactionnelle... Il s’agit bien d’échanges,
et non de paternalisme ou d’une nouvelle forme de colonialisme, comme l’a
rappelé le Père Koprowski, jésuite, nouveau responsable des programmes
catholiques en Pologne.
Une autre recommandation porte sur la mise en place d’une coordination
européenne des organismes et de la pastorale des médias. Sans empiéter sur
les compétences propres des organisations internationales déjà existantes,
comme UNDA (radio-TV), l’OCIC (cinéma et audiovisuel) et l’UCIP (presse),
une telle coordination serait habilitée à prendre des initiatives et à stimuler la mise en oeuvre de projets.
D’autres recommandations portent sur divers aspects de l’engagement
chrétien dans le secteur de la communication, comme l’attitude correcte à
adopter face aux médias; avant même d’envisager leur usage en vue de
l’évangélisation, il faut les prendre pour ce qu’ils sont, à savoir des instruments de langage, et apprendre à les utiliser; La place donnée à la
communication au niveau diocésain serait, idéalement, aux yeux des participants, que chaque évêque dispose d’un porte-parole et d’un service de presse diocésain; la circulation de l’information à l’intérieur même de l’Eglise (entre autres à propos de la lisibilité et de la présentation adéquate
des documents pontificaux): l’Eglise ne sera crédible dans son discours sur
la communication que pour autant que la communication interne y sera efficace...
Cette rencontre, présidée pour la dernière fois par Mgr Vancottem, a vu
la participation de délégations anglicane et luthérienne et de la Conférence des Eglises Européennes (KEK), organe de concertation des Eglises non
catholiques du continent. (apic/cip/pr)