Fatima, 12juillet(APIC) Le Colloque européen des paroisses (CEP) qui a eu
lieu à Fatima (Portugal) du 3 au 7 juillet a permis de répondre à de
nombreuses questions au sujet de la paroisse et de sa mission aujourd’hui.
La Code de droit canon parle de la paroisse comme étant une communauté
précise de fidèles (Can. 515). Auparavant, depuis le Concile de Trente, on
mettait plus l’accent sur l’aspect territorial de la paroisse. Mais la
paroisse territoriale peut encore avoir de beaux jours, si elle tient
compte des forces vives de l’Eglise qui sont moins territoriales qu’elle.
Sans jouer à l’incomprise, elle leur sera ouverte, attendant d’ailleurs la
même attitude de tout nouveau mouvement.
On attend de la paroisse qu’elle mise beaucoup sur le dialogue : dans
quelque situations que soient les personnes, elle doit poursuivre le dialogue avec elles et si ce dialogue n’existe pas l’instaurer. Dans son rapport, le groupe italien participant au Colloque a un problème à ce sujet.
Il trouve que souvent les prises de position données par l’institution ne
facilitent pas ce dialogue, dialogue dans lequel les raisons de "l’autre"
ont leur dignité et leur valeur.
Cette remarque a aussi été faite lors du colloque : certains sont mal à
l’aise lorsque l’"Eglise officielle" (pour employer leur expression) assène
des vérités. Cela n’est pas dans la ligne de la pastorale de cheminement
dont par exemple le Synode diocésain de Lausanne, Genève et Fribourg (Suisse) faisait état au sujet des exigences du mariage (Synode 1972-1975). Une
telle pastorale n’occulte pas l’essentiel, mais ceux qui la prônent le savent : nul ne devient parfait en un jour, reste pourtant qu’on cherche sans
cesse à voir clair, à faire mieux.
Le même groupe italien pense aussi aux immigrés (provenant des nations
du Tiers-Monde) qui ont été "piétinés dans leurs droits au nom d’une
’civilisation’ coloniale dans laquelle beaucoup d’Eglises d’Europe ont
leurs responsabilités" et appelle l’Europe dès lors à une conversion à ce
sujet.
La paroisse est messagère de l’amour de Dieu auprès de tous, comme le
signale le rapport du groupe suisse. Dieu aime tous les êtres humains,
hommes et femmes, et il faut que tous le sachent. Telle est la conviction
profonde de ceux qui tendent à faire des paroisses une communion de
communautés. Pour que la paroisse soit un lieu d’accueil, elle doit éviter
le gigantisme, elle compte sur des groupes à taille humaine, comme les
quartiers. Tel est l’effort qui est fait dans le décanat de Fribourg par le
projet pastoral actuel.
Le souci d’une connaissance plus grande de la Bible vise à faire de
celle-ci la grande référence pour la vie chrétienne individuelle et communautaire d’aujourd’hui. Ce n’est pas une connaissance qui veut avoir des
buts uniquement scientifiques, mais qui est au service de la vie.
Le souci d’une liturgie bien soignée est un appel à ce que la Parole de
Dieu soit bien entendue, bien comprise. Même l’acteur français Louis Jouvet
a été cité, lui qui était triste de penser qu’il mettait tant de temps à
préparer une réplique de théatre. La Parole de Dieu ne mérite-t-elle pas le
même respect ?
Concret, l’un des expert, le professeur Simon Knaebel de Strasbourg,
reprenant d’ailleurs un postulat d’un précédent colloque, suggère que le
budget paroissial prévoit un poste pour la formation. Les frais seront
récupérés, les personnes formées devenant elles-mêmes formatrices.
Du même expert, l’invitation à une réflexion engagée. Réagissant à chaud
sur des rapports de groupe, il constatait que la vie personnelle est
difficile à rejoindre dans les débats. On réagit au sujet de l’institution,
c’est parfois un devoir de le faire. De toute façon, le paradoxe est là :
"Notre vie personnelle qui nous est la plus proche est la plus difficile à
rejoindre". (apic/jpl/bd)