Famille, école, paroisse : (300789)
Fribourg, 30juillet(APIC/CIP) L’éducation des enfants à la foi chrétienne
se fait dans trois lieux distincts : la famille, l’école, la paroisse.
Comment répartir les rôles ? Etienne Gathy, directeur adjoint de l’Office
Diocésain de l’Enseignement Religieux (ODER) à Charleroi en Belgique,
répond à la question dans un dernier numéro de la revue interdiocésaine "La
Foi et le Temps".
"Le cadre familial implique une catéchèse non systèmatique, plutôt
informelle et spontanée" : il s’agit d’offrir "une première initiation de
la foi", explique Etienne Gathy. Cette initiation passe d’abord par un
"dialogue authentique" des parents avec leurs enfants, à l’écoute honnête
des questions qui se posent. Le témoignage de vie est aussi important et il
est intéressant qu’il soit réciproque. Quant à la prière en famille, elle
suppose une éducation réfléchie : une prière de demande ou d’action de
grâce n’est possible qu’à travers un langage symbolique, donc en évitant
les pièges du langage anecdotique et de la pensée plate. A l’évidence,
l’éducation chrétienne en famille n’est pas chose facile et c’est pourquoi
l’auteur de l’article souhaite que la priorité aille ici à la catéchèse des
adultes.
A l’école, faut-il parler de catéchèse ou situer plutôt le cours de
religion en primaire dans une perspective d’évangélisation ? Etienne Gathy
penche pour cette dernière option, car il faut souvent (re)partir à zéro
avec des enfants qui n’ont pas mûri en famille un attachement à
Jésus-Christ. Depuis 1975, le programme interdiocésain propose aux maîtres
de religion dans les classes primaires de travailler dans l’optique de la
catéchèse dite existentielle. Car il s’agit d’établir "un lien vital" entre
l’expérience de vie et la foi chrétienne". Des malentendus sont ici à
dissiper et Etienne Gathy s’y emploie afin que l’évangélisation ne soit pas
"un travail superficiel" : "il ne suffit pas de donner aux enfants un
’vernis’ chrétien fait de connaissances, de grands principes, d’habitudes
ou de coutumes." Autre travers de la catéchèse : la moralisation. On y
tombe souvent par défaut de présentation de Jésus-Christ pour lui-même, et
non comme simple "instaurateur d’une morale plus exigeante".
Quant à la catéchèse paroissiale, Etienne Gathy lui assigne spécialement
trois rôles : introduire concrètement les enfants dans une communauté
ecclésiale, où ils seront mis en contact avec des témoins; initier les
enfants à la prière et à la fête, à la vie liturgique de la paroisse;
sensibiliser les enfants aux grandes préoccupations de l’Eglise. Pour
atteindre ces objectifs, le théologien recommande des assemblées "enfants
admis", où tous les participants auraient des rôles propres, ainsi qu’une
attention prioritaire à l’éveil de la foi, toujours en fonction des
situations rencontrées. Une telle optique catéchétique suppose "une
pastorale soucieuse d’un accompagnement durable" des enfants et des jeunes.
Elle requiert aussi une catéchèse des parents. Elle implique enfin une
formation tant doctrinale que pédagogique des catéchistes. (apic/cip/mg)