Fait rarissime : des pèlerins bulgares au Vatican (100388)
Rome, 10mars(APIC/CIP) Jean Paul II a reçu jeudi un groupe de pèlerins
bulgares, venus à Rome à l’occasion du troisième centenaire de l’insurrection de Ciprovzi, qui est pour les catholiques bulgares un événement mémorable, puisqu’il a marqué le début de la renaissance de la communauté
catholique de Bulgarie. Cette audience constitue un événement rarissime,
puisque c’est la seconde fois seulement depuis 1945 que le Vatican reçoit
la visite de pèlerins bulgares. Le pape a encouragé les quelques 80’000
catholiques de Bulgarie à témoigner courageusement de leur foi dans une société qui leur est hostile.
Ce pèlerinage avait aussi des motifs religieux et Jean Paul II, relevant
qu’il se déroulait durant l’année mariale, a souligné que la dévotion mariale a toujours caractérisé l’Eglise catholique bulgare. Si celle-ci n’a
pas de sanctuaire de rayonnement national, chaque église compte au moins un
autel dédié à la Vierge. Jean Paul II a signalé aussi l’attrait des églises
soeurs orthodoxes. Citant son encyclique "Redemptoris mater", il a suggéré
que catholiques et orthodoxes tournent ensemble leur regard vers Marie comme vers "une mère commune, qui prie pour l’unité de la famille de Dieu et
nous précède tous dans le long cortège de la foi dans l’unique Seigneur".
Jean Paul II a demandé aux pèlerins bulgares d’assurer leurs frères
qu’il "les embrasse tous dans l’amour du Christ et suit avec un intérêt
constant la vie de leurs communautés". Les pèlerins étaient venus des trois
circonscriptions qui forment l’Eglise catholique de Bulgarie, à savoir les
diocèses de Sofia-Plovdiv et de Nicopoli et l’exarchat catholique de rite
byzantin de Sofia.
L’insurrection de Ciprovzi (1688), une ville située au nord-ouest de
Sofia, fut au centre d’un mouvement de libération du pays du joug turc, en
concomitance avec la guerre austro-turque (lors de sa visite en Autriche en
1983, Jean Paul II célébra la libération de Vienne du joug turc par la roi
polonais Jean Sobieski en 1683). L’Eglise catholiques bulgare, et notamment
ses plus hauts dignitaires, prit une large part à la préparation de cette
insurrection, et les catholiques la dirigèrent concrètement.
L’insurrection de Ciprovzi contribua néanmoins à un démantèlement de
l’Eglise catholique bulgare, les insurgés étant vaincus ensuite par les
troupes du vassal calviniste hongrois de la Transylvanie, allié du sultan
contre l’empire autrichien. Beaucoup de catholiques furent contraints à
l’exil dans le Banat, un territoire aujourd’hui partagé entre la Roumanie,
la Yougoslavie et la Hongrie, ou ils formèrent de solides communautés
catholiques, notamment à Vinga et à Bescjanov-Vechi. Les catholiques restés
au pays furent réunis dans les deux diocèses actuels de Sofia-Plovdiv et
Nicopoli. Ceux-ci comptent à l’heure actuelle quelque 80.000 fidèles et
moins de trente prêtres dont la plupart sont âgés, la Bulgarie ne comptant
plus à l’heure actuelle de séminaire. (apic/jt/be)