«Si l’Europe était réellement unie, je crois qu’elle pourrait faire la différence», a réagi Léon XIV le 23 septembre 2025, interpellé à la sortie de sa résidence de Castel Gandolfo par plusieurs médias italiens sur le risque de guerre en Europe après des violations de l’espace aérien perpétrées par la Russie. Il s’est également brièvement exprimé sur la reconnaissance de l’État de Palestine par la France et sur la situation à Gaza.
«Quelqu’un cherche à provoquer une escalade, et la situation devient de plus en plus dangereuse», a réagi le pape, interrogé sur les incursions russes dans l’espace aérien européen. «J’insiste encore une fois: il faut renoncer aux armes, abandonner les intérêts militaires et s’approcher de la table des négociations», a-t-il martelé, sans citer le nom de la Russie.
Interpellé sur l’augmentation des dépenses militaires, Léon XIV a répondu que ce sont «des questions politiques, souvent dues à des pressions venues de l’extérieur de l’Europe». Une allusion voilée aux exigences du président américain Donald Trump, qui veut pousser l’ensemble des pays de l’OTAN à porter leur budget militaire à un niveau d’au moins 5% du PIB, afin d’assurer des débouchés à l’industrie américaine de l’armement.
Comment faire taire les armes sans volonté de dialogue?
Concernant la reconnaissance de l’État de Palestine formalisée par le président français ce 22 septembre à l’ONU, le pape a reconnu que ce type de démarche «pourrait aider, mais en ce moment, il n’y a pas de volonté d’écouter de l’autre côté, donc le dialogue est rompu».
Invitant à «chercher un moyen de respecter tous les peuples», Léon XIV a rappelé que «le Saint-Siège reconnaît la solution des deux États depuis de nombreuses années». Le Saint-Siège a formellement reconnu l’État de Palestine en 2015. Par ailleurs, il a considéré qu’une reconnaissance de l’État de Palestine par Washington est très improbable à court terme, estimant que «les États-Unis seront les derniers» à le faire.
Interpellé sur l’offensive militaire israélienne dans la Bande de Gaza et ses conséquences sur la petite communauté chrétienne locale, le pape a répondu que «Dieu merci, la paroisse va bien, mais il est chaque fois un peu plus difficile de communiquer avec eux».
Dans ce contexte international explosif, Léon XIV a assuré que le Saint-Siège maintient «un dialogue constant avec les ambassadeurs» et qu’il essaie aussi de «chercher une solution» avec les dirigeants qu’il rencontre au Vatican. Il a aussi expliqué avoir mené récemment des contacts avec certains chefs d’État au sujet des tensions géopolitiques actuelles. (cath.ch/imedia/cv/lb)