Le pape François a lancé, le 23 octobre 2021, une nouvelle charge contre le système économique actuel qui continue de « se débarrasser de vies au nom du dieu argent ». Devant les membres de la fondation Centisimus Annus Pro Pontifice, il leur a demandé d’œuvrer pour la connaissance de la Doctrine sociale de l’Église. Cet enseignement est un trésor de la tradition de l’Église et d’un rempart à l’individualisme, a-t-il insisté.
Les membres de la fondation étaient réunis à Rome les 21 et 22 octobre pour un colloque international portant sur le thème de la “solidarité, de la coopération et de la responsabilité”. Centisimus Annus Pro Pontifice a été créée en 1993, deux ans après la publication de l’encyclique de Jean Paul II faisant écho à l’encyclique Rerum Novarum de Léon XIII (1878-1903). Son objectif est d’approfondir l’enseignement social de l’Église pour traiter les questions liées à la paix, la solidarité, le travail, la mondialisation ou encore l’immigration.
Le pape François a entamé son discours par une sévère attaque du monde économique contemporain qui encourage des comportements de «rapaces» à l’égard des ressources de la planète et alimente tant de formes d’inégalité. Il a par ailleurs confié lors d’une improvisation sa perplexité devant le monde 'liquide et gazeux' de la finance.
« Mais la réponse à l’injustice et à l’exploitation n’est pas seulement la dénonciation », a-t-il fait remarquer, ajoutant qu’« elle est avant tout la promotion active du bien ». Ainsi, le pape a encouragé la fondation à poursuivre ses activités de terrain, surtout dans le domaine de l’éducation et de la formation. Il s’est félicité du financement des études et des recherches pour les jeunes sur les nouveaux modèles de développement économique et social inspirés par la doctrine sociale.
Pour le pape François, là se trouve la clé du changement. Car, «dans le sol pollué par la domination de la finance, nous avons besoin de nombreuses petites graines qui feront germer une économie juste et bénéfique, à l’échelle humaine et digne de l’homme», a-t-il expliqué.
Contre une vision individualiste et collectiviste du monde
Il s’agit donc de mettre en pratique la Doctrine sociale de l’Église, cet enseignement qui, selon le pape, repose sur trois «pierres angulaires» : la solidarité, la coopération et la responsabilité. Il a souligné que cette Doctrine contribuait à s’opposer à une vision individualiste mais aussi à une vision collectiviste, qui réapparaît aujourd’hui selon lui dans des projets de normalisation technocratique.
Cette doctrine, synthétisée en 2004 dans le Compendium de la doctrine sociale de l’Église, doit donc être « être suivie, aimée et développée ». « Redevenons passionnés par la doctrine sociale, faisons-la connaître : elle est un trésor de la tradition de l’Église ! », a ainsi exhorté le successeur de Pierre. (cath.ch/imedia/hl/mp)