Expulsion des ressortissants haïtiens en République dominicaine (230991)
Port of Spain, 23septembre(APIC) L’expulsion de ressortissants haïtiens
résidant en République dominicaine s’accompagnent d’actions violentes, de
destructions et de confiscations de biens, dénonce une mission d’enquête
mise sur pied par la Conférence des Eglises des Caraïbes (CEC). Cette vague
d’expulsion a commencé entre le 18 et le 22 juin dernier à la suite de la
décision du président de la République dominicaine, Joaquin Balaguer, d’expulser les Haïtiens de moins de 16 ans ou de plus de 60 ans. Selon certaines sources. entre 5’000 et 20’000 personnes seraient rentrées précipitemment afin d’éviter une déportation massive sanglante.
Dans son rapport, la mission de la CEC relève que cet incident n’est
"pas un événement nouveau ni isolé, mais plutôt un autre épisode malheureux de l’histoire tourmentée des relations entre Haïti et la République
dominicaine depuis des décennies". Cette mission était notamment chargée de
contacter les responsables d’Eglises, les organismes de défense des droits
de l’homme et les Associations d’entraide des deux pays, en vue de faire la
lumière sur les expulsions et rapatriements décidés par le président Balaguer.
"La plupart des expulsions sont accompagnées d’actions violentes de la
part des autorités", souligne la Commission d’enquête. Selon cette dernière, les autorités auraient souvent détruit les papiers et certificats des
victimes qui ont pourtant droit à la nationalité dominicaine. Toujours selon la Commission, les confiscations et la destruction de biens appartenant
aux Haïtiens sont courantes. "Nombreux sont les expulsés qui se sont vus
refuser la permission de retourner à leur domicile pour rassembler leurs
affaires".
La séparation de nombreuses familles a souvent été le résultat de ces
expulsions, déplore en outre la mission d’enquête. Des enfants sont restés
en République dominicaine alors que leurs parents étaient conduits à la
frontière. L’équipe de la CEC demande la suspension des expulsions des
ressortissants haïtiens "pour au moins six mois afin de permettre au gouvernement haïtien de mettre en place des mesures adéquates pour le retour
au pays de ces expulsés". Des expulsions qui risquent de mettre en péril la
jeune démocratie haïtienne insataurée par le président Aristide en raison
des problèmes posés par ce retour massif.
Plusieurs centaines de milliers d’Haïtiens vivent depuis plusieurs décennies en République dominicaine. La plupart y sont allés comme travailleurs dans les plantations de canne à sucre ou pour y exercer des métiers
agricoles divers. D’autres encore y sont entrés vendus par les trafiquants
de main-d’oeuvre ou pour se mettre à l’abri des tristement célèbres "tontons macoutes". (apic/spi/pr)