Exposition à Genève: ATD Quart Monde rend hommage au Père Wresinski(080288)
Genève, 8février(APIC) Il y a trois ans que le mouvement international
ATD Quart Monde participe aux travaux de la Commission des droits de l’homme de l’ONU. Il y a deux ans qu’il se propose de faire voter, par la même
instance, une résolution en faveur des plus pauvres. Ceux dont le mouvement
défend les droits. C’est donc pour attirer l’attention des 45 Etats membres
de la Commission, que le Mouvement a organisé mercredi 8 février à Genève,
devant le hall d’entrée de la Commission, une importante exposition de photographies intitulée "J’ai faim dans ma tête".
En une vingtaine de panneaux, l’exposition raconte et rappelle la vie et
l’oeuvre du fondateur d’ATD Quart Monde, le Père Joseph Wresinski, décédé
l’an passé à la veille de sa venue à la Commission. L’exposition est donc
avant tout un hommage au Père Joseph, venu à Genève il y a deux ans, et
dont la spiritualité et la grande bonté avaient particulièrement frappé Jan
Martenson, directeur-adjoint de l’Office des Nations Unies, présent à l’inauguration, ainsi que l’actuel président de la Commission, l’expert belge
Marc Bossuyt. "C’est un hommage à la vie d’un homme et à la façon dont il a
mené la lutte pour la défense des plus pauvres, car tout homme est un homme, disait le Père Wresinski", a rappelé Mme de Vos van Steenwijk,
présidente du Mouvement International ATD Quart Monde.
Cette extraordinaire aventure que fut la vie du Père Wresinski est racontée tout au long de l’exposition. En 1958, il s’installe à Noisy-leGrand (France) ou vivent 250 familles des plus démunies. Sous son impulsion, la soupe populaire est remplacée par une biblothèque, un geste symbolique. Viendront ensuite un jardin d’enfants et une chapelle. Des volontaires s’engagent dans le Mouvement: en France, en Suisse et en Europe en
général, aux Etats-Unis, puis en Asie en Amérique latine et en Afrique.
La devise du Père Wresinski est simple: "Là ou les hommes sont condamnés
à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour
les faire respecter est un devoir sacré", dit-il. Ces mots sont d’ailleurs
gravés sur une plaque commémorative située au Trocadéro, à Paris. Et c’est
aussi ce qu’il avait exprimé devant la Commission des droits de l’homme de
l’ONU, lors de sa visite en 1987.
Il n’est cependant pas certain que la résolution - issue de la volonté
du Père Wresinski - soit votée par la Commission. Le Mouvement aimerait, en
effet, qu’elle reconnaisse que l’extrême pauvreté s’étend dans le monde
entier et que cette pauvreté affecte les individus, les familles et les
groupes les plus vulnérables et désavantagés. Mais les pays occidentaux
n’acceptent pas aisément qu’on fasse mention précise aux droits économiques, sociaux et culturels. Difficile, en effet, pour les pays nantis,
d’admettre que nombre de leurs citoyens en sont dépourvus. En Suisse, par
exemple, ils sont plus de 250.000.
Les pays en développement aimeraient, pour leur part, que la résolution
soit plutôt axée sur l’aspect politique. Qu’on attribue en quelque sorte la
responsabilité de cette terrible pauvreté uniquement à la dette qui s’élève
actuellement à 1.300 milliards de dollars. Même la juste défense des plus
pauvres peut devenir l’objet d’un enjeu politique (apic/ar/pr)