Exportation de pesticides: (091287)
Berne, 9décembre(APIC) "Les pesticides dangereux ne devraient être exportés dans le Tiers-Monde que si le pays d’importation donne préalablement
son accord". La Suisse n’a pas accepté cette proposition faite par les pays
en voie de développement lors de la conférence annuelle de la FAO qui vient
de se terminer à Rome. Les Oeuvres d’entraide suisses sont déçues de cette
prise de position de la Suisse, grande importatrice de produits phyto-sanitaires.
"La Suisse a manqué une occasion de manifester sa compréhension envers
une demande des pays en voie de développement et de corriger ainsi son
image de petit pays égoïste", c’est ainsi que réagissent La Communauté de
Travail Swissaid, l’Action de Carême, Pain pour le Prochain et Helvetas. Le
commerce de substances potentiellement toxiques croît d’année en année, et
ce sont les pays concernés, exportateurs et importateurs, qui assument la
responsabilité d’une utilisation correcte des substances dangereuses. Mais
les pays en voie de développement ne disposent pas des instruments de contrôle ou des réglementations indispensables. Ainsi la formation de personnel qualifié, la formation d’une infrastructure adéquate et l’information
des pays importateurs sur les secteurs d’utilisation et les dangers des pesticides pour les hommes et l’environnement sont urgentes.
Bien que la Suisse ait signé les directives de la FAO de 1985 concernant
l’usage et la distribution des pesticides, elle n’a aucune obligation d’informer sur les dangers, les restrictions d’application, etc. liés à l’exportation des pesticides. "La Suisse ne prend pas assez au sérieux les
préoccupations des pays en voie de développement face à la croissance incontrôlée du commerce des pesticides dangereux."
Selon les Oeuvres d’entraide suisses, les lignes directives acceptées
par la Suisse doivent prendre une forme juridique contraignante, afin de
soutenir les pays en voie de développement dans leur lutte pour la santé
publique et la préservation de leur environnement. "Les paroles doivent
être traduites en actes". (apic/bd)