Genève, 19mai(APIC) Konrad Raiser, secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE) et Jean Fischer, secrétaire général de la Conférence des Eglises européennes (KEK) se sont rendus en compagnie de quelquesuns de leurs collaborateurs les 13 et 14 mai à Belgrade et à Novi Sad pour
rencontrer les responsables des Eglises orthodoxe, luthérienne et réformée,
toutes membres du COE et de la KEK.
Dès le début des hostilités dans l’ex-Yougoslavie, le COE et la KEK ont
activement encouragé l’action commune des Eglises en faveur de la paix. Les
divers organismes oecuméniques ont en outre acheminé des secours dans toutes les régions du pays pour un montant de 12 millions de dollars.
Le patriarche orthodoxe serbe, Mgr Pavle avait invité les secrétaires
généraux à visiter le pays après un échange de lettres. La rencontre a
coïncidé avec l’ouverture de l’assemblée annuelle des évêques de l’Eglise
orthodoxe serbe. Les membres de l’équipe oecuménique se sont adressés aux
évêques serbes le 14 mai. Le patriarche Pavle a souligné l’importance de
cette présence "à l’heure où règne une telle souffrance qui n’épargne aucune partie" et qui "nous empêche de voir la situation dans son ensemble". Il
a precisé qu’il ne s’attendait pas à ce que le COE et la KEK "nous présentent au monde ni meilleurs, ni pires que nous sommes".
Konrad Raiser a fait référence pour sa part à l’espérance de Pâques,
celle d’une vie nouvelle enracinée dans la résurrection du Christ. "Cette
visite, a-t-il déclaré, est avant tout l’expression du sentiment que nous
éprouvons: celui d’être unis à vous dans la communion qui est tout d’abord
un don du Christ ressucité." Le secrétaire général du COE a également interrogé ses interlocuteurs sur les possibilités pour les Eglises en communion au sein du mouvement oecuménique de participer aux efforts visant à
faire cesser les hostilités et à faciliter les négociations de paix.
Une des difficultés majeures auxquelles on doit faire face ajourd’hui, a
remarqué de son côté Jean Fischer, est l’interprétation claire des positions de chacun. Le secrétaire général de la KEK a exhorté "à la solidarité
oecuménique, empreinte de franchise, et si nécessaire, à la critique réciproque de nos organisations et de nos Eglises membres."
A propos des tentatives de solutions du conflit, notamment du plan Vance
Owen, Konrad Raiser a fait remarqué que si on connaît un peu l’histoire, il
est évident que des solutions imposées de l’extérieur n’auront pas d’effet.
"Par dessus tout ce qu’il faut c’est apporter un message d’espoir au peuple
qui souffre." Le patriarche Pavle a assuré que l’Assemblée des évêques "ferait son devoir et tout ce qui était en son pouvoir pour restaurer la paix.
Mais nous avons besoin de votre aide et de vos prières."
A Novi Sad, les responsables luthériens, méthodistes et réformés ont
parlé des actions de secours menées par le service humanitaire oecuménique
formé au mois de janvier et soutenu entres autres par l’Entraide protestante suisse EPER. Les responsables ont exhorté la communauté oecuménique à
user de son influence pour faire cesser le blocus contre les Serbes qui
touche en premier lieu les jeunes enfants et les personnes âgées et entrave
l’action des Eglises qui luttent pour raviver la mission d’évangélisation
et d’éducation après plus de quatre décennies de communisme. (apic/com/mp)