Ex-Yougoslavie: les négociations interrompues doivent (070293)
La poursuite de la confrontation armée mène à la défaite de tous
Prague, 7février(APIC) Mgr Alain Lebeaupin, représentant du Saint-Siège,
appelle toutes les parties en guerre dans l’ex-Yougoslavie à revenir autour
de la table des négociations "avec le courage de la paix et un nouvel
esprit de dialogue". Le diplomate du Vatican s’est exprimé dans le cadre de
la Conférence pour la Sécurité et la Coopération en Europe (CSCE) qui s’est
tenue à Prague du 2 au 5 février.
Mgr Alain Lebeaupin, membre de la seconde section de la Secrétairerie
d’Etat du Vatican (rapports avec les Etats), a d’abord rappelé le constat
récent (12 janvier 1993) de Jean Paul II : "L’Europe en ce XXe siècle, a
été marquée par la haine et le mépris qui n’épargnaient aucun moyen ou méthode pour anéantir et exterminer l’autre".
Devant l’actuelle situation du conflit et des négociations sur l’ex-Yougoslavie, a poursuivi le diplomate, "le Saint-Siège estime de son devoir
d’appeler la communauté internationale et les belligérants au courage de la
paix et à l’acceptation des sacrifices qu’elle implique. Il est temps de
poser des actes courageux et généreux et d’admettre qu’en persévérant sur
le chemin de la confrontation armée, il n’y aura à la fin que des vaincus.
Les belligérants doivent considérer que le bien commun exige des sacrifices
qui ne sont plus ceux d’hypothétiques victoires militaires. Il n’y aura pas
de paix si les belligérants, tous les belligérants, et ceux qui leur apportent un soutien en armes ou en personnel, n’ont pas le courage de s’engager
sur le chemin difficile de négociations loyales".
Reprendre les négociations
"Le Saint-Siège, a poursuivi Mgr Lebeaupin, continue à penser que les
négociations interrompues à Genève doivent reprendre au plus tôt, malgré
les profonds antagonismes existant autour de la table et sur le terrain,
comme le prouvent les combats en Bosnie-Herzégovine qui se doublent de conflits resurgents dans la région de Zadar entre ceux qui négociaient".
Pour l’assistance humanitaire, la force est parfois nécessaire
Abordant le volet humanitaire, Mgr Lebeaupin n’exclut pas, ponctuellement, un recours à la force: "Le Saint-Siège ne cesse d’affirmer que l’assistance humanitaire est le premier des devoirs de la communauté internationale. Pour être suffisante et efficace, elle doit procéder d’une volonté
politique ferme fixant des objectifs clairs à des interventions capables de
sauver des populations entières prises en otage. Elle peut avoir besoin à
cet effet, dans certains cas, de l’appui de la force dans des interventions
ponctuelles mesurées et fermement exécutées". (apic/cip/ba)