Précisions du "Ministre des Affaires étrangères du Vatican" (090892)
Rome, 9août(APIC) Le "Ministre des Affaires étrangères du Vatican", Mgr
Jean-Louis Tauran a précisé dimanche à propos du conflit en Bosnie-Herzégovine que le Saint-Siège n’avait jamais parlé d’action militaire. De nombreuses spéculations courent en effet sur la signification des déclarations
de Jean Paul II à propos de l’ingérence humanitaire.
Dans une interview publiée par le journal catholique italien "L’Avvenire", Mgr Tauran souligne, selon les mots du pape, que la guerre est une
"aventure sans retour". Le Vatican estime que le dialogue et les négociations sont le premier moyen de résoudre les conflits. Dans une deuxième
phase, on peut parler de la possibilité de sanctions, explique Mgr Tauran.
La communauté internationale dispose de diverses conventions et institutions qui permettent une ingérence. Il est nécessaire de renforcer les messures pacifiques pour les rendre plus opérationnelles, déclare Mgr Tauran.
La situation dans l’ex-Yougoslavie est très différente de celle de la
Guerre du Golfe, estime Mgr Tauran. A l’époque il s’agissait d’un conflit
international entre deux nations. En Bosnie-Herzégovine, il s’agit d’un
conflit national dans un Etat dont la souveraineté a été entretemps reconnue. Les populations civiles sont attaqués et emprisonnées par des troupes
irrégulières appuyées par des forces venues de l’extérieur. Selon Mgr Tauran, le Saint-Siège soutient la création de corridors humanitaires pour assurer la sécurité des populations menacées. Mais il faut avant tout,
désarmer l’agresseur. Mgr Tauran souligne en outre que le Vatican a des informations sur l’existence de camps en Bosnie-Herzégovine dans lesquels des
milliers de civils vivent dans des conditions très difficiles. Mais le Vatican n’a pas d’information sur l’existence d’éventuels camps d’extermination, a-t-il conclu.
"L’Osservatore Romano" a pour sa part réclamé des sanctions opérationnelles pour mettre fin à la barbarie en Bosnie-Herzégovine. Les sanctions
verbales ne suffisent pas. Si on ne prend pas tout de suite des décisions,
on commet un péché d’omission, affirme le commentateur. La communauté internationale n’a pas le droit de rester impassible, souligne le journal du
Vatican qui remarque que le terme de Bosnie-Herzégovine est devenu synonyme
de terreur, de barbarie et de cynisme. (apic/cic/mp)