Ex-Yougoslavie: le président de Pax Christi France (110193)
Mgr Rozier pas tendre avec la communauté internationale
Paris, 11janvier(APIC) "Il n’y a plus de Yougoslavie. Ce que l’actualité
révèle d’une manière tragique, on le vérifie sur le terrain", écrit Mgr Joseph Rozier, évêque de Poitiers et président de Pax Christi France, dans un
communiqué que ce mouvement vient de publier à Paris. Une semaine après son
voyage en Croatie, Mgr Rozier rend compte du voyage effectué dans les pays
de l’ex-Yougoslavie du 26 au 30 décembre en compagnie de trois évêques
français et de personnalités du Secours catholique.
C’est l’image d’un pays dévasté par la guerre: "C’est un monde de cauchemars" où le fond de l’horreur ne semble jamais devoir être atteint:
"Nous avons vu nos deux fils égorgés sous nos yeux"; "mon mari a été pris
et tué"; ou encore "nous étions battus tous les jours, torturés par les
coups et condamnés à la faim". Ces témoignages recueillis au cours du voyage font dire à Mgr Rozier: "On est plongé dans un monde de détresse et
d’abomination".
Aux souffrances causées par la guerre s’ajoute l’horreur de la "politique de purification ethnique". Mgr Rozier ne craint pas de l’identifier aux
"concepts déployés par le nazisme", sans toutefois aller jusqu’à nommer
l’agresseur d’aujourd’hui. Pour mener à bien sa politique, "l’Etat agresseur" use des opérations militaires avec leurs effets destructeurs, mais
aussi des "crimes contre l’humanité, avec leurs cortèges d’horreurs, d’humiliations qui atteignent "l’humanité elle-même dans sa dignité, à travers
des légions d’hommes torturés et de femmes violées au nom de leur race et
de leur religion".
Nous n’aurons pas l’excuse de l’ignorance
Si personne ne peut nier la politique de désinformation qui règne dans
"l’Etat agresseur", personne aujourd’hui ne peut prétexter l’ignorance. "On
ne peut se réfugier dans l’indifférence, ni prétexter de son impuissance,
ni invoquer l’ignorance". Et Mgr Rozier de poursuivre: "Si on sait, on
doit. Si on doit, on peut". Des appels de plus en plus pressants se font
entendre en direction de la communauté internationale "qui a manifesté trop
d’aveuglement et de lenteur et n’a pas perçu la gravité des enjeux".
"C’est un lieu où on peut voir en même temps l’enfer et le ciel", conclut Mgr Rozier. "L’enfer" de la "purification ethnique", du feu qui dévore
des hommes et brûle villages et maisons; "le ciel" du pardon, des gestes de
bienveillance et de solidarité. Dans un camp de réfugiés, aux environs de
Zagreb, des musulmans ont repecté et même fêté Noël avec les communautés
chrétiennes. Mgr Rozier a vu dans ce geste "des signes d’une capacité à retourner le cours de l’histoire". (apic/ecl/pr)