"Nous assistons actuellement à une utilisation politicienne du réferendum
au détriment des populations de Nouvelle Calédonie. C’est laementable... et
à la limite criminel, dans la mesure où un ratage du réferendum pourrait
relancer des violences, non seulement en Nouvelle Calédonie mais ailleurs".
Cette déclaration, c’est un évêque qui l’a faite, Mgr Gilbert Aubry, évêque
de la Réunion, lors de l’Assemblée des évêques de Frances à Lourdes, en octobre 1988. A la suite de cette déclaration, la Conférence des évêques
avait affirmé sa satisfaction des accords de Matignon, conclus entre el
leader canak Jean-Marie Tjibaou et son "partenaire civique" et "adversaire
politique", Jacques Lafleur. Ils avaient également assuré de leur total
soutien l’archevêque de Nouméa, Mgr Michel Calvet.
C’est sasn doute la seule fois où les évêques de France aient ainsi, publiquement et collectivement, pris position sur le fond du problème. Peuton s’en satisfaire? C’est ce que conteste certains groupes, aussi bien sur
le "caillou" qu’en métropole. Certes, fait remarquer le Père Paul Guiberteau, recteur de l’Institut catholique de Paris, qui avait participé à la
"mission du dialogue" envoyée en Nouvelle Calédonie par le gouvernement
français en juin 1988, des groupes canaks "extrémistes" ne sont pas d’accords avec les accords de Matignon et les positions prises par Jean-Marie
Tjibaou et ses successseurs. "Pour notre part, c’est avec les personnes en
responsabilité que nous avons dialogué". Opinion partagée par Mgr Jacques
Delaporte, archevêque de Cambrai et président de la commission française
"Justice et Paix".
Par ailleurs, ajoute le Père Guiberteau, "Les évêques français font
pleine confiance à Mgr Calvet et refusent de s’immiscer dans les affaires
de son diocèse". Ce à quoi la commission justice et paix fait remarquer que
la question du référendum sur l’avenur de la Nouvelle Calédonie est bien
une affaire qui concerne tous les français, et donc en particulier les évêques!
Pour sa part, la commission nfrançaise justice et paix a pris position à
plusieurs reprises, dès 1976-77, pour rappeler les exigences essenteilles
de la justice envers la population canak, notamment en publiant, en 1988,
un document intitulé "L’avenir de l’outre-mer français", paru juste au moment des événements dramatiques d’Ouvéa. C’est, du reste, à la suite de la
publication de ce documents, que l’évêque de la Réunion était intervenu à
Lourdes. Dans ce document, la commission remarquait notamment que "les autochtones sont dépossédés de leur terre, marginalisés, devenus minoritaires
dans leur pays, politiquement soumis à des calédoniens qui pensent pouvoir
maintenir leur domination, à l’ombre des gendarmes et des soldats, en gérant à leur profit les subventions de la France, grâce à l’appoint numérique que leur rapporte 12’000 Wallisiens et 20’000 métropolitains installés
chez eux depuis ces 20 dernières années".
La solution proposée repose sur "un accord sur un nouveau mode de rapport entre les commuanutés". Suivent un certain nombre de propositions destinées à modifier ces rapports...
Depuis, les accords de Matignon ont été signés, une mécanique s’est mis
en place... la commission justice et paix. Mais on peut se demander dans
quelle mesure la "totale confiance" dont les évêques de métropole assurent
leurs confrères lointains n’est pas, aussi, une solution facile pour se désengager d’un problème difficile...