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    européen inquiète les épiscopats de la communauté européenne

    Euthanasie: une proposition de résolution du Parlement (110691)

    Bruxelles, 11juin(APIC) Légitimer l’euthanasie comme un droit pour le malade remettrait en question les devoirs sur lesquels repose la déontologie

    médicale et ferait courir de graves risques tant aux malades qu’aux professionnels de la santé: c’est la mise en garde que lance la Commission des

    épiscopats de la Communauté européenne (COMECE), à l’heure où le Parlement

    européen entame une discussion sur une proposition de résolution sur "l’assistance aux mourants".

    la proposition, dont la rédaction a été confiée au professeur Léon

    Schwartzenberg (France), député au Parlement de Strasbourg, a été adoptée

    par la Commission de l’environnement, de la santé publique et de la protection des consommateurs du Parlement le 25 avril dernier par 16 voix contre

    11 et 3 abstentions. Elle devait être discutée au cours de la session qui

    s’est ouverte lundi 10 juin et qui prendra fin vendredi 14 juin, mais un

    avis de la Commission juridique a reporté les discussion au mois de juillet.

    Dans sa déclaration, la COMECE exprime "sa vive préoccupation face aux

    perspectives d’euthanasie active que propose ce texte". Si elle ne peut

    qu’approuver l’encouragement à l’amélioration et au développement des soins

    palliatifs au plan des programmes, des moyens, des structures et de la formation du personnel soignant pour l’accompagnement des mourants, la Commission regrette par contre "l’amalgame qui est introduit dans le texte entre

    les soins palliatifs et l’euthanasie en tant que telle".

    Des principes inacceptable

    La COMECE juge "inacceptables" certains principes auxquels le texte se

    réfère, tel celui qui prétend définir la personne humaine et sa dignité en

    fonction de son degré de conscience.

    La Commission craint aussi que la distinction entre la vie humaine digne

    d’être vécue et celle qui ne le serait pas s’étende, dans son application,

    aux malades mentaux, aux handicapés ou à certains marginaux, "voire même un

    jour à certaines sociétés aux vies réputées inutiles".

    Par ailleurs, font valoir les évêques de la COMECE, "il est bien connu

    que dans les moments de grande détresse et de grande douleur, la liberté du

    sujet n’est pas entière et sa décision est souvent ambivalente"; en bien

    des cas, elle est aussi "plus ou moins fortement subordonnée à l’entourage".

    De graves risques

    La COMECE ne peut que désapprouver une proposition de résolution qui

    prétend légitimer des actes qui mettent un terme à la vie lorsqu’on estime

    qu’elle n’est plus digne et humaine, "des actes qui heurtent le principe de

    droit naturel: tu ne tueras point, qui depuis des millénaires sert de repère à l’humanité et qui a été proclamé à nouveau dans toutes les Conventions

    internationales des droits de l’homme. Ces droits fondent des devoirs sur

    lesquels repose toute la déontologie médicale. Si l’unité de cet ensemble

    venait à être brisée, graves seraient les risques encourus tant par les malades que par les membres des professions de la santé".

    La déclaration rappelle la conception chrétienne, qui voit dans la vie

    un don de Dieu à respecter, à encourager dans son développement et à

    soigner de son origine (la conception) à sa fin (la mort).

    Les évêques de la COMECE demandent aux parlementaires européens et à

    tous ceux qui sont concernés de "mesurer les graves conséquences d’un texte

    qui, tout en affirmant le nécessaire développement des soins palliatifs,

    ouvre la porte à une légitimation de l’euthanasie comme un droit pour le

    malade et qui, par voie de conséquence, introduit chez les médecins un certain devoir par rapport à ce droit".

    Ces arguments sont également mis en avant par la Confédération des juristes catholiques de France. Une Confédération qui déclare notamment: "Le

    Parlement européen, s’il adoptait une recommandation admettant le principe

    de l’euthanasie, heurterait gravement la souveraineté des Etats-membres en

    paraissant vouloir leur forcer la main". (apic/cip/pr)

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