Bruges, 17juillet(APIC) Les participants à l’assemblée de l’Association
européenne des secrétaires nationaux de liturgie, réunis cette année à
l’abbaye de Male (Bruges), ont estimé que la formation liturgique est déficitaire à peu près partout en Europe, tant dans les séminaires que dans les
autres secteurs de la formation ecclésiale.
La réunion , qui a lieu tous les deux ans, s’est tenue en présence de
Mgr Lajos Kada, secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la
discipline des sacrements. Elle a réuni les secrétaires de liturgie de seize pays: Irlande, Angleterre, Ecosse, Danemark, Pays-B as, Belgique (francophone et néerlandophone), RFA, Autriche, Tchécoslovaquie, Hongrie, Yougoslavie (Croatie et Slovénie), Suisse (romande et alémanique), France,
Portugal, Italie et Malte. Les secrétaires de RDA, de Pologne, de Grèce,
d’Espagne et de Catalogne s’étaient fait excuser.
Le thème de l’assemblée est fixé sur la base d’une enquête menée dans
tous les pays par le secrétariat de l’Association, qui a son siège à l’Institut de Liturgie de Trêves. Cette année, c’était celui de "la présidence
liturgique": à l’invitation de Jean Paul II, dans sa lettre apostolique
pour le 25e anniversaire de "Sacrosanctum Concilium", la constitution de
Vatican II sur la liturgie, et de son appel à "retrouver le grand souffle
du Concile", les participants ont étudié les impératifs théologiques et
pratiques de la présidence liturgique, que celle-ci soit assumée par un ministre ordonné (évêque, prêtre, diacre) ou par un laïc, dans les nombreux
cas prévus par le droit et appelés par les besoins locaux.
Les participants ont entendu les exposés de Paul De Clerck (Belgique),
directeur de l’Institut supérieur de liturgie de Paris, et de Jean-Louis
Angué, directeur du Centre national de pastorale liturgique français, qui
ont travaillé sur la base de vidéos et à partir de leur propre évaluation.
De l’enquête et de leurs contacts, il apparaît que la formation liturgique
présente des lacunes partout en Europe, bien en deçà des consignes conciliaires. Et cela autant dans les séminaires que dans les autres secteurs de
la formation ecclésiale. Cependant, un exemple positif a été relevé: la
Commission épiscopale de liturgie italienne qui en 1988 a réuni un grand
nombre d’évêques pour un "cours d’aggiornamento sur la liturgie". Les Actes
ont été publiés sous le titre "Celebrare oggi"(célébrer aujourd’hui), une
somme en cours de traduction.
Le bureau de l’Association est chargé de poursuivre le travail et
d’alerter les Conférences épiscopales d’Europe. Ce bureau, est composé des
secrétaires de France, du Portugal, de Belgique, de Croatie et d’Irlande;
son président en exercice est le Liégeois Ghislain Pinkers, secrétaire de
la Commission interdiocésaine de pastorale liturgique de Belgique.
La participation des représentants des pays de l’Est - jusqu’ici difficile, aujourd’hui chaleureusement saluée - pousse les secrétaires nationaux
à travailler de plus près à la coordination des efforts au sein d’une nouvelle Europe. Le sentiment d’une sécularisation (déjà ancienne et progressive, pas nécessairement négative) se généralise ; des questions identiques
se posent partout, concernant la pratique sacramentelle, mais surtout la
qualité des célébrations.
La prochaine assemblée de l’Association se tiendra en 1992 à Zagreb
(Yougoslavie). (apic/cip/ba)