"L’Europe cherche à cadenasser ses frontières"
Berne, 27novembre(APIC) L’Organisation mondiale de défense des droits de
l’homme, Amnesty International (AI), déclare dans un communiqué publié mercredi, que "des obstacles croissants" se dressent devant les demandeurs
d’asile qui tentent de trouver refuge dans les pays européens pour fuir la
menace de torture, d’exécution ou d’autres violations de leurs droits fondamentaux dans leur pays. Selon AI, "l’harmonisation de la politique d’asile en Europe rendra leur situation encore plus difficile". Cette déclaration intervient, alors que le Conseil fédéral suisse vient d’ajouter la
Roumanie et l’Angola à la liste des "pays sûrs".
Le concept de "pays sûr", déjà mis en pratique en Suisse et en Belgique
et actuellement en discussion en Allemagne et dans d’autres pays, préoccupe
l’Organisation: "Considérer que des pays entiers sont parfaitement ’sûrs’
est tout simplement absurde". La section suisse d’AI est intervenue à plusieurs reprises auprès du Conseil fédéral, face à sa décision d’inclure
dans la liste des "pays sûrs", l’Inde et l’Algérie, et tout récemment, la
Roumanie et l’Angola.
Selon l’Organisation, une "vingtaine de Somalis auraient été torturés ou
maltraités pendant leur détention en Somalie, après avoir été refoulés d’un
aéroport en Italie, et qu’un demandeur d’asile du Bangladesh a été torturé
à son arrivée à Dacca, après que la Suède lui eut refusé le droit d’asile".
Les gouvernements en cause
Selon Amnesty International, "les gouvernements européens ne veulent pas
assumer leurs responsabilités. Non seulement ils ne font pas suffisamment
pression sur les gouvernements des pays concernés afin qu’ils mettent un
terme aux violations des droits de l’homme, mais ils ne font pas non plus
face à leurs obligations quand ces demandeurs d’asile se pressent ensuite à
leurs frontières".
Pour l’Organisation, le problème est le suivant: "Certains candidats au
départ n’ont, faute de visa, pas même le droit de monter dans l’avion qui
les emmènera loin de leur pays, d’autres sont déboutés simplement parce
qu’ils viennent de pays jugés "sûrs", et tous risquent finalement d’être
renvoyés vers des pays où leur vie est menacée".
"Cette crise, estime AI, vient en grande partie du fait que les gouvernements traitent les demandeurs d’asile comme des immigrants ou des "clandestins", et non comme des personnes risquant d’être persécutées et dont
les demandes devraient faire l’objet d’un traitement spécifique". (apiccom/ap)