Europe 1993 : les franciscains (191089)
Rome, 19octobre(APIC/CIP) Les ministres généraux franciscains ont écrit
une lettre adressée "aux soeurs et aux frères de la famille franciscaine
présents et travaillant en Europe". Ils leur demandent un engagement
spécial en vue du marché unique européen de 1993.
En pensant "aux divisions qui ont lacéré notre continent", écrivent les
supérieurs généraux franciscains, on peut se réjouir du fait que Dieu "a
couronné l’espérance, l’effort et le sacrifice de ceux qui ont travaillé
pour unir l’Europe".
La lettre, datée du 4 octobre mais que toutes les communautés n’ont pas
encore reçue, relève : "On ne peut pas ne pas ressentir, justement en tant
que Franciscains" les limites qui sont en contraste évident avec l’esprit
légué par saint François d’Assise.
La première limite est géographique et politique : "Ce que nous appelons
’Europe unie’ n’est qu’une partie de l’Europe. Et nous espérons, oeuvrons
et prions afin que soient données à tous les peuples de l’Europe historique
la liberté et la possibilité de s’y unir".
Une seconde limite "antifranciscaine" est que "l’Europe s’unisse en
matière économique, alors qu’il est nécessaire qu’elle s’unisse sur les
grandes valeurs de l’esprit que sont la fraternité, la liberté, le respect
de la personne, la liberté religieuse, la tolérance". "Un premier pas
fondamental" doit s’accomplir au sein même de la famille franciscaine en
Europe. "Nous voulons être tout de suite européens, soulignent les
Franciscains, pour pouvoir évangéliser les Européens". "La présence
nombreuse et variée de tant de Franciscains en Europe nous pousse à
coordonner notre action - par le dialogue, la presse, les rencontres - afin
d’offrir toute notre collaboration, la plus incise possible, à la
construction d’une Europe fraternelle, juste et pacifique".
Les minsitres généraux attirent encore l’attention des Franciscains sur
le fait que l’Europe est "menacée, presque désarticulée par des processus
de sécularisation trop grave". Ils exhortent à assumer "l’audace et la
ferveur de la première génération franciscaine". Enfin, ils invitent les
supérieurs à promouvoir rapidement l’accueil de cette lettre, afin qu’elle
"permette de connaître les devoirs respectifs vis-à-vis de l’Europe et
l’apport spécifique que les Franciscains peuvent offrir à l’homme
d’aujourd’hui". La lettre suggère à ce propos une rencontre européenne des
divers supérieurs de communautés franciscaines pour définir les lignes d’un
programme et encourager toute la famille franciscaine en Europe. Cette
rencontre aura lieu à Assise en novembre prochain, mais la date n’a pas été
précisée.
Il y a actuellement en Europe 21’600 franciscains (Frères mineurs,
conventuels, capucins et membres du tiers-ordre régulier réunis). La
famille franciscaine d’Europe comprend, en outre, 14’800 moniales
contemplatives, 108’000 soeurs engagées dans la vie apostolique, 685
franciscians séculiers (laïcs) et 8’000 membres d’Instituts séculiers
d’inspiration franciscaine. (apic/jt/bd)