Etre israélienne et lutter pour les femmes palestiniennes (220989)
Genève, 22septembre(APIC) Particulièrement engagée en faveur des femmes
palestiniennes dans les prisons israéliennes, Yael Oren est membre de l’Organisation des femmes pour les prisonnières politiques (WOFPP). De passage
en Suisse, elle a témoigné jeudi 21 septembre à Genève des conditions inhumaines dans lesquelles sont maintenues ces prisonnières, gamines en bas âge
y compris. Yael Oren est israélienne, et n’hésite pas à mettre Israël, son
pays, une nouvelle fois au banc des accusés. Son action lui vaut d’ailleurs
bien des tracas: "Je suis constamment en butte à des hostilités dans mon
propre pays".
Créée il y a plus d’une année, la WOFPP a pour but d’établir et de maintenir un contact avec les femmes arrêtées, et de les assister sur le plan
juridique et humanitaire. La première tâche, confie Yael Oren, consiste à
trouver l’endroit où ces femmes sont détenues. Les familles l’ignorent,
lorsqu’elles ne sont pas tout simplement maintenues dans l’ignorance de
l’arrestation de l’une où l’autre de ses membres.
Les visites aux prisonnières sont faites par des avocates dans les six
prisons et centres de détentions pour femmes en Israël. Les membres du
WOFPP collectent aussi des informations dans les territoires occupés et organisent des campagnes pour obtenir la libération des prisonnières. Elles
interviennent également afin que ces dernières soient visitées par des médecins. Depuis sa création, l’organisation s’est occupée de 300 prisonnières et a dénoncé des arrestations arbitraires, et les sévices de plus en
plus graves infligés aux Palestiniennes emprisonnées, parmi lesquelles des
mineures, des femmes enceintes, ou malades et des femmes âgées.
Les conditions de détentions sont particulièrement dures dans la prison
de Hasharon, témoigne Yael Oren. Même les avocates qui rendent visite aux
prisonnières politiques doivent subir des harcelements, lorsqu’elles ne
sont pas contraintes d’attendre des heures durant sous le soleil avant de
pouvoir pénétrer dans la prison.
Des exemples de sévices ou autres conditions inhumaines de détentions
dont sont victimes les prisonnières abondent. Yael Oren cite le cas d’une
jeune fille de 14 ans, Efafa Abdalla, légèrement retardée et malgré cela
arrêtée le 5 août dernier. Condamnée à 4 mois de prison au lendemain de son
arrestation, elle est détenue à la prison de Hasharon. Efafa et les autres
prisonnières palestiniennes n’arrivent pas à obtenir d’être soignées ou
vues par des médecins... "La situation s’est particulièrement détériorée
depuis le mois de mai".
Des abus sexuels
Brimades, coups et abus sexuels sont d’autres sévices que subissent les
prisonnières palestiniennes: humiliations verbales, attouchements, gestes
obsènes et coups de pied sont lots quotidiens. Quant à Raja el Ghoul, 18
ans, autre prisonnière, elle a été détenue en avril dernier durant 4 jours
au centre Russian Compound avec un sac sur la tête.
Yael Oren a encore cité le cas de femmes retenues en otages. Comme pour
la famille de Jamoos Alawi dont la mère, trois soeurs et deux enfants de
l’une d’elle, âgés de 11 et 8 ans, ont été détenus durant une journée et
une nuit avec cinq autres membres de la même famille. Emmenées au quartier
général de l’administration militaire à Naplouse, elles ont été enfermées
dans des conditions intolérables, sans nourriture, sans eau et sans pouvoir accéder à des toilettes, notamment.
Dernier exemple de la triste réalité imposée par Israël, l’exemple d’un
chargement de fruits livré par la Croix Rouge à la prison de Hasharon pour
les prisonnières palestiniennes mais refusé par la direction de la prison.
(apic/ar/pr)