Ethiopie: Conférence des Eglises pour la paix (030790)
Addis Abeba, 3juillet(APIC) La Conférence pour la paix, qui a réuni les
29 et 30 juin à Addis Abeba, capitale de l’Ethiopie, quelque 500 délégués
de toutes les régions du pays, a adopté un programme en onze points dans le
but d’arriver le plus rapidement possible à un cessez-le-feu dans ce pays
ravagé par la guerre civile. Organisée par l’Eglise orthodoxe éthiopienne,
la Conférence demande l’ouverture de négociations en vue de la réconciliation nationale et d’une paix juste.
La Conférence a bénéficié du soutien des oeuvres d’entraide des Eglises
catholique et luthérienne. L’initiative de paix qu’elle a proposée est soutenue par le programme de reconstruction et d’aide en cas de catastrophe de
l’Eglise orthodoxe éthiopienne (EOC), auquel participent "Pain pour le prochain" (PPP), la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) et
l’Action de Carême (AdC). Hans Ott, secrétaire central de PPP, a participé
à la mise sur pied de cette importante rencontre.
Mengistu ouvertement contesté
La Conférence a permis d’entendre des rapports sur la situation actuelle
dramatique de l’Ethiopie: destructions, famine, armée d’enfants mutilés,
économie ruinée... Ce programme d’action des Eglises a été lancé quelques
jours seulement après un débat animé au Parlement éthiopien et retransmis
en direct à la télévision : à cette occasion, le chef de l’Etat Mengistu
Haile Mariam a dû faire face à de vives critiques. Certains députés n’ont
pas hésité à demander ouvertement sa démission.
La politique de Mengistu a été publiquement remise en cause, car le peuple éthiopien est las d’une guerre civile qui paralyse le pays depuis 30
ans et d’une situation économique désastreuse. D’autre part, les récents
succès militaires des mouvements de guérilla ont également affaibli
"l’homme fort" d’Addis Abeba. Les guérilleros sont actuellement à moins de
100km d’Addis Abeba, malgré la volonté, clairement affirmée depuis des années par Mengistu, d’arriver à une solution militaire, sans hésiter à sacrifier toute une génération de jeunes soldats. (apic/com/cor)