Detroit, 30août(APIC) Le diocèse de Saginaw, dans le Michigan, vient de
vivre une expérience originale. L’évêque, Mgr Kenneth E. Untener, avait décrété au printemps dernier que, durant une période de 97 jours, toutes les
rencontres diocésaines s’ouvriraient sur cette question: "En quoi ce que
nous sommes en train de faire affectera-t-il ou impliquera-t-il les
pauvres?" Mgr Untener vient de tirer les leçons de cette expérience. De son
propre aveu, il a beaucoup appris.
Une première conclusion s’impose d’emblée: "le problème majeur, c’est
que les pauvres sont trop peu servis". Qui sont-ils? Des adultes "qui ont
fait le mauvais choix ou qui n’ont pas fait de choix du tout". Que faire?
"Aidez-les de toute façon", recommande l’évêque. "Si vous commencez par
faire une distinction entre les pauvres qui le méritent et ceux qui ne le
méritent pas, vous êtes fichus - en tout cas pour ce qui concerne l’Evangile".
L’évêque avertit ses diocésains: "Si vous essayez d’aider, il vous arrivera d’être piégés". En effet, "aider les pauvres n’est pas toujours une
expérience plaisante", reconnaît-il. Parce que les pauvres sont comme tout
le monde, parfois avides, suspicieux, détestables, d’autres fois généreux,
confiants, étonnants. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’est pas facile d’approcher les "pauvres ’pauvres’", et "c’est probablement pour cette raison que
nous n’avons pas affaire à eux", observe Mgr Untener.
Mais surtout, les pauvres sont oubliés parce qu’ils sont souvent invisibles. Ils sont absents des conseils et comités, n’assistent pas aux réunions, ne lisent pas le bulletin paroissial. On ne risque pas non plus de
les rencontrer au supermarché. "Atteindre les pauvres requiert de l’initiative", écrit l’évêque de Saginaw. Enfin, "l’assistance directe, c’est bien;
s’attaquer aux causes de la pauvreté, c’est mieux".
Mgr Untener et ses diocésains ont beaucoup appris durant cette expérience de 97 jours. Mais l’évêque espère bien que ce n’est qu’un début. Car
prise au sérieux chaque jour, la simple question soumise par l’évêque à ses
diocésains "pourrait changer nos vies et celle d’une nation", commente
l’éditorialiste du "National Catholic Reporter". (apic/cip/sjb)