des orthodoxes au Conseil national des Eglises
New York, 6avril(APIC) La Conférence permanente des évêques orthodoxes
des Amériques SCOBA a recommandé "la reprise provisoire" de l’adhésion au
sein du Conseil national des Eglises (CNE) par les cinq organismes orthodoxes qui avaient suspendu leurs relations l’an dernier.
La recommandation, faite à mi-mars, approuvée par les responsables des
Eglises concernées, semble en bonne voie d’être acceptée.
Le président de la SCOBA, l’archevêque Iakovos de l’archidiocèse grecorthodoxe d’Amérique du Nord et du Sud, a déclaré que cette reprise serait
provisoire jusqu’en 1994, date à laquelle une décision finale serait prise.
La SCOBA n’envisage pas de rependre simplement les activités au niveau
précédent, a-t-il précisé, mais de leur donner plus d’ampleur et d’importance.
Le secrétaire général du Conseil national des Eglises des Etats-Unis,
Joan Camphell, a reconnu que la suspension de l’adhésion des orthodoxes
l’avait convaincu que le CNE devait subir une "transformation" qui lui
permette de devenir plus un Conseil d’Eglise, et de se défaire un peu de
son "Esprit d’insitution"Entre autres conditions émises pour la reprise de l’adhésion, la SCOBA
demande que le CNE accepte de reconnaître publiquement, quand le cas se
présente, qu’une de ses actions n’est pas approuvée par des orthodoxes. La
SCOBA a également ajouté que la participation orthodoxe au sein du CNE
devrait être comprise à la lumière de la "Déclaration de Toronto" de 1950
du Conseil oecuménique des Eglises (COE) et "comme un témoignage de notre
foi orthodoxe, que nous reconnaissons comme base de l’unité chrétienne".
La "Déclaration de Toronto", adpotée par le Comité du COE deux ans après
la formation du Conseil, avait permis de surmonter certaines réserves émises par un certain nombre d’orthodoxes sur leur participation au sein du
COE. Selon la déclaration, le COE renonçait explicitement à se déclarer
Eglise ou à exercer une autorité d’Eglise.
Pour les orthodoxes, cela signifie qu’un conseil ne devrait pas être vu
comme une "super Eglise" qui adopte une position séparée des Eglises qui le
constituent, et que les actions d’une majorité d’Eglises ne peuvent être
obligatoires pour la minorité qui n’est pas du même avis.
L’archevêque a admis que la décision d’adhérer à nouveau serait critiquée par certains orthodoxes. "Je m’attends, a-t-il dit, à ce que nous soyons accusés de faire un jour une chose et de changer d’avis le lendemain.
Mais vous ne pouvez renier le mouvement oecuménique. Il est là. Et nous
sommes liés par l’histoire de notre Eglise à une vocation oecuménique".
(apic/spi/pr)