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    Sera-t-il encore possible d’écrire une lettre pastorale?

    Etats-Unis: Mgr Weakland s’inquiète de l’interventionnisme romain (051192)

    Milwaukee, 5novembre(APIC) Mgr Rembert Weakland, archevêque de Milwaukee,

    aux Etats-Unis, s’inquiète de l’interventionnisme romain. "Cela vaut-il encore la peine pour un épiscopat d’écrire des lettres pastorales"?, s’interroge-t-il à la veille d’une importante assemblée plénière (16-19 novembre)

    où doit être examiné le quatrième et dernier projet d’une lettre pastorale

    sur la femme, lettre en chantier depuis bientôt dix ans. Ou du moins ce

    qu’il en reste après les interventions romaines. Mgr Weakland s’inquiète en

    outre de l’avenir des Conférences épiscopales qui sont, selon lui, "en

    grand péril".

    Dans "The Catholic Herald", le journal de son archidiocèse, Mgr Weakland

    s’insurge contre "la propension romaine à tout vouloir superviser". Il s’en

    prend aux Congrégations de la Curie qui "contrarient le travail normal de

    la Conférence épiscopale américaine et paralysent sa dynamique".

    Les critiques de l’archevêque de Milwaukee sont émises à propos du sort

    d’une lettre pastorale sur la femme ("The Women’s Pastoral") à laquelle la

    Conférence épiscopale américaine travaille depuis 1983. Si la lettre n’a

    toujours pas vu le jour, déplore l’archevêque, c’est essentiellement parce

    que les projets successifs n’ont pas eu l’heure de plaire aux Congrégations

    romaines, si bien que les évêques finissent par se trouver dans l’incapacité d’approuver un texte. On en est actuellement à la quatrième et - provisoirement - dernière version.

    Mgr Weakland se rappelle "avec nostalgie" le travail réalisé dans le

    passé pour élaborer les fameuses lettres de 1983 sur la paix et de 1986 sur

    l’économie, à la rédaction de laquelle il présida. Il craint que la publication de tels documents ne soit plus possible à l’avenir, car "visiblement

    cela ne plaît pas à Rome".

    L’archevêque américain ne dénie pas au Vatican le droit de se préoccuper

    de ce qu’écrivent les épiscopats. Son intérêt est "légitime, surtout s’il

    s’agit de questions qui intéressent l’Eglise universelle". Néanmoins, ajoute-t-il, les évêques américains peuvent-ils encore envisager d’écrire une

    lettre pastorale commune quand ils savent que leur projet sera soumis à de

    fréquentes révisions imposées "d’en-haut"?

    Quel avenir pour les Conférences épiscopales?

    Pour Mgr Weakland, il y va de l’avenir même des Conférences épiscopales,

    qui sont "en grand péril", car "dans les circonstances actuelles aucun travail sérieux ne peut être effectué".

    Pour mémoire, rappelons qu’à l’initiative du Vatican, des représentants

    de la Conférence épiscopale des Etats-Unis et de plusieurs organismes de la

    Curie romaine s’étaient réunis en mai 1991 à Rome pour examiner le projet

    du document de l’épiscopat américain sur la femme. Au lendemain de cette

    rencontre est paru un quatrième projet très en retrait par rapport au précédent. Lors du débat consacré par l’épiscopat américain au troisième projet, le président de la Commission de rédaction, Mgr Joseph Imesch, évêque

    de Joliet (Illinois), n’avait pas caché que "seul un miracle" pouvait encore sauver le projet. (apic/cip/pr)

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