Etats-Unis : les femmes théologiennes du (260589)
Fribourg, 26mai(APIC/CIP) En prélude à une rencontre entre femmes du
tiers-monde et femmes du premier monde qui se tiendra l’an prochain, a eu
lieu à Atlanta (Etats-Unis), une rencontre de femmes théologiennes organisée par la Commission des femmes au sein de l’AOTTIM (Association oécuménique de théologiens du tiers monde).
Les participantes à ce colloque (protestantes, anglicanes, catholiques)
venaient d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Elles ont travaillé avec
des femmes américaines appartenant à des minorités ethniques (noires,
hispanophones ou originaires des îles du Pacifique). Le choix d’Atlanta
était symbolique : cette ville a en effet vu naître le leader noir Martin
Luther King qui y est toujours considéré comme un héros.
Lors de cette rencontre, ces théologiennes ont pu partagé leurs expériences sur les situations concrètes des femmes de différents milieux. Ce
que vivent les femmes américaines des minorités ne ressemble pas à ce que
vivent, par exemple, les femmes en Afrique: "Le pays dans lequel nous habitons n’est pas vraiment le nôtre. Dans votre pays, il y a certes des problèmes, mais c’est votre terre. Nous n’avons pas de patrie," a relevé une
représentante des minorités . "Pour les femmes africaines du tiers-monde,
il est assez difficile de comprendre l’oppression dont sont victimes les
femmes vivant dans le premier monde," a déclaré pour sa part une participante africaine.
Les femmes sont toutes opprimées mais de diverses manières selon les divers contextes, a-t-il été constaté. Plusieurs participantes ont souligné,
par exemple, l’influence persistante du patriarcat. Leurs souffrances sont
dues à leur condition de femmes, certes, mais aussi au racisme, aux dominations économiques, politiques et culturelles qui existent dans leurs pays,
ont-elles fait remarquer.
"Notre théologie se veut contextuelle et libératrice"
Dans une interview accordée à l’agence CIP, une participante africaine
déclarait lors de son passage à Bruxelles au sujet de cette rencontre:
"Notre théologie se veut contextuelle et libératrice. Notre libération se
fonde notamment sur notre culture traditionnelle. Selon cette dernière, "la
création est sacrée et le droit à la vie est fondamental". De plus, faitelle observer, "nous refusons une perspective féministe qui verrait dans
les hommes des ennemis. Cette perspective, "nous la voulons plutôt féminine", déclare-t-elle en ajoutant: "notre lutte s’inscrit dans le contexte de
celle que mène tous les opprimés, hommes et femmes."
"C’est avec nos communautés que nous faisons notre réflexion théologique, christologique et ecclésiologique. Expérience, action et réflexion ne
peuvent être séparées. De plus, le travail des théologiens spécialistes et
celui des "théologiens aux pieds nus", sont complémentaires" a-t-elle relevé en conclusion. (apic/cip/mg)