Etats-Unis: Les évêques dénoncent la politique (010991)
A la veille du "Labor Day"
Washington, 1erseptembre(APIC) Les évêques catholiques des Etats-Unis, à
la veille de la célébration du "Labor Day", la fête du travail américaine
célébrée le 2 septembre prochain, ont vivement critiqué la politique économique néo-libérale poursuivie par l’administration américaine. Ils déplorent son manque d’engagement en matière de législation sociale et de protection des travailleurs.
Dans un document signé par Mgr James Malone, évêque de Youngstown et
responsable de la politique intérieure américaine au sein de la Conférence
épiscopale catholique, les évêques américains dénoncent le manque de
protection légale des travailleurs en cas de maladie, d’accident, de grève
ou de chômage, qualifiant ces lacunes de "violation des droits et de la
dignité de l’homme".
L’épiscopat américain reconnaît que l’économie de marché est certes un
système efficace, mais ce système a besoin d’un cadre légal, comme le pape
Jean Paul II l’a souligné dans sa récente encyclique sociale "Centesimus
annus", afin de garantir la dignité et les droits de l’homme, qui ne peuvent pas se réaliser uniquement par le biais des forces libres du marché.
Le veto présidentiel
Les évêques américains déplorent qu’un veto du président George Bush empêche l’entrée en vigueur d’une loi destinée à protéger les congés pour
donner des soins. Cette législation sociale, relève l’épiscopat catholique
des Etats-Unis, permettrait à la plupart des Américains de ne pas perdre
leur emploi s’ils doivent rester à la maison en cas de naissance ou pour
soigner un conjoint ou un parent malade.
Actuellement, dans ces cas d’urgence, les Américains risquent d’être licenciés s’ils prennent congé. Il en est de même en cas de grève pour de
nombreux travailleurs. Même s’il existe un droit de grève aux Etats-Unis,
une lacune juridique permet aux employeurs de "remplacer durablement" un
travailleur gréviste. "On ne voit pas où est la différence entre un licenciement et un remplacement durable", notent les évêques américains dans
leur document.
Le droit de s’organiser syndicalement
Un droit de grève protégé par la loi et le droit de s’organiser syndicalement sont, de l’avis de l’épiscopat, d’une importance toute particulière
pour pouvoir défendre les intérêts collectifs des travailleurs face aux entreprises. Cette reconnaissance est une constante de la doctrine sociale de
l’Eglise depuis l’encyclique "Rerum novarum" publiée il y a tout juste un
siècle par le pape Léon XIII. Les évêques américains lancent encore un appel au président Bush et au Congrès afin de réformer l’assurance sur le
chômage, insuffisante face à la récession actuelle. (apic/kpr/be)