4e version de la "lettre pastorale sur la femme"
La majorité des deux tiers n’a pas été atteinte
Washington, 19novembre(APIC) La quatrième version d’une "lettre pastorale
sur la femme", en discussion depuis une décennie au sein de l’épiscopat des
Etats-Unis, a été définitivement rejetée mercredi par les évêques américains. Au cours de leur assemblée générale d’automne qui s’est tenue du 16
au 19 novembre à Washington, les évêques n’ont pu surmonter leurs divisions
et adopter à la majorité des deux tiers un projet qui n’allait pas assez
loin de l’avis d’une partie importante de l’épiscopat américain.
Après deux jours de débats, marqués notamment par de vifs échanges sur
le sacerdoce féminin, la majorité des deux tiers nécessaire n’a pas été obtenue, 137 évêques votant pour et 110 contre. Cet ultime projet, remanié à
plusieurs reprises suite aux interventions vaticanes, ne plaisait visiblement pas à l’aile progressiste de l’épiscopat américain.
C’est la première fois dans l’histoire de la Conférence épiscopale que
les évêques américains ne peuvent se mettre d’accord sur une lettre pastorale. Les évêques ont décidé à la majorité simple de remettre ce projet au
Comité exécutif de la Conférence des évêques pour en publier diverses parties sous forme de documents des différentes commissions de la Conférence
épiscopale. Cela a en effet moins de poids qu’une lettre pastorale officielle.
Dès avant le début de cette assemblée d’automne, des évêques avaient
donné à entendre que ce texte faisait l’impasse sur les préoccupations des
femmes et contribuerait à les éloigner encore davantage de l’Eglise. Cette
dernière mouture de la lettre pastorale sur la femme apparaissait en retrait par rapport à la troisième, notamment à propos du "péché du sexisme"
et de l’ordination des femmes. "Le fait que le sacerdoce ordonné, à la différence du sacerdoce universel, soit réservé uniquement aux hommes ne doit
être considéré ni comme arbitraire ni comme une injustice faite aux femmes", notait le document.
Au cours du débat, toute une série d’évêques se sont engagés pour qu’au
minimum on étudie la question de l’accès de la femme au sacerdoce, tandis
que d’autres se sont montrés partisans de renforcer la position traditionnelle de l’Eglise dans ce domaine controversé. Mgr Rembert G. Weakland, archevêque de Milwaukee, a mis en garde contre l’adoption de ce projet en retrait par rapport aux premières versions, suite aux nombreuses révisions
imposées "d’en-haut". Voter un tel texte, a-t-il estimé, signifierait
"perdre une nouvelle génération de jeunes femmes brillantes".
Mgr Michael Hughes Kenny, évêque de Juneau, en Alaska, a expliqué son
vote négatif par le dissentiment largement répandu, la douleur la colère et
l’aliénation croissante de nombreux hommes et femmes parmi les plus loyaux,
les mieux formés et les plus actifs dans l’Eglise.
Un référendum sur l’ordination sacerdotale des femmes ?
Bien que le président de la commission de rédaction de la lettre, Mgr
Joseph Imesch, évêque de Joliet (Illinois), ait appelé ses collègues à ne
pas faire de la discussion et du vote sur cette lettre un "référendum sur
l’ordination sacerdotale des femmes", ce thème a joué un rôle central dans
les débats. Le cardinal Joseph Bernardin, archevêque de Chicago, a mis en
garde les autres évêques, un éventuel refus de ce document risquant d’être
mal interprété par l’opinion publique. Ce rejet serait considéré comme un
signe du manque d’assentiment de l’épiscopat à propos de la position officielle de l’Eglise confirmant l’exclusion des femmes du sacerdoce. Il a tenu a souligner qu’il s’en tenait à la doctrine de l’Eglise refusant l’ordination sacerdotale des femmes.
Mgr Austin Vaughan, évêque auxiliaire de New York, est encore allé plus
loin en affirmant que l’exclusion des femmes de la prêtrise est "infaillible" et irréformable, soulignant qu’"en l’an 2’000, dans 20’000 ans ou dans
deux millions d’années, il y aura toujours une Eglise catholique et elle
aura encore alors un clergé exclusivement masculin". (apic/kna/kpr/be)