L’"affaire Galilée du XXe siècle", estime Mgr Weakland
New York, 11décembre(APIC) Galilée a récemment été réhabilité par le pape, mais le refus de la part du Vatican d’autoriser l’ordination des femmes
est l’"affaire Galilée du XXe siècle", estime Mgr Rembert Weakland, archevêque du Milwaukee, aux Etats-Unis.
L’épiscopat américain a dernièrement rejeté définitivement un projet de
lettre pastorale sur la femme en chantier depuis 10 ans, la quatrième version étant nettement en retrait par rapport aux précédentes suite aux interventions du Vatican. Mgr Weakland, ancien abbé-primat des Bénédictins,
avait mis en garde contre l’adoption d’un document qui, selon lui, aurait
éloigné de l’Eglise "une nouvelle génération de jeunes femmes brillantes".
Dénonçant "la propension romaine à vouloir tout superviser", il s’était demandé si les évêques devaient encore prendre la peine d’écrire une lettre
pastorale commune, sachant que "leur texte sera soumis à des révisions imposées d’en-haut".
Dans le "New York Times", l’archevêque de Milwaukee explique que ce
n’est pas seulement l’ordination des femmes qui est en jeu. Il ne voit pas
pourquoi les fonctions importantes de la curie romaine doivent être confiées systématiquement à des "monsignori"; pourquoi "un laïc ou un religieux, et pourquoi pas une femme, ne pourrait pas être préfet ou secrétaire
d’un des 21 dicastères romains, ou encore au service de la diplomatie vaticane, comme si la fonction de nonce était obligatoirement liée à la
fonction sacerdotale".
Aux yeux de Mgr Weakland, l’obstination de l’Eglise catholique à faire
barrage à "l’émancipation de la femme dans l’Eglise" ne tient nullement à
des raisons historiques ou théologiques, "mais à un préjugé tenace qui veut
que la femme soit inférieure à l’homme. Nous avons suffisamment progressé
pour ne plus accepter qu’il en soit ainsi". "D’où les constructions les
plus ingénieuses pour protéger encore des positions intenables". (apic/cippr)