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    pour contourner les sanctions contre l’Irak

    Etats-Unis: des groupes religieux solidaires

    Washington, 18 mars 1996 (CIP)

    Cinq ans après la guerre du Golfe, un comité national formé de plusieurs

    groupes religieux vient de souscrire à une campagne dont le but est de

    contourner ce qúils appellent "les sanctions immorales contre le peuple de

    l’Irak".

    S’appelant eux-mêmes les "Voix dans le désert", les partisans de cette

    initiative ont déjà été averti officiellement par le ministère des finances

    qúils risquent 12 années d’emprisonnement et de solides amendes - jusqúà un

    million de dollars - s’ils persistent à vouloir fournir de l’aide à l’Irak

    en contournant les sanctions imposées par les Nations Unies visant à

    étrangler le régime de l’homme fort de Bagdad, Saddam Hussein.

    Parmi les personnes et les groupes qui soutiennent les "Voix dans le

    désert" figurent entre autres le chapitre des Soeurs de la Charité de

    Chicago, les jésuites et pacifistes bien connus Daniel et Philip Berrigan

    et... l’ancien procureur Ramsey Clark.

    Le désir des "Voix dans le désert" est avant tout de venir en aide à la

    population irakienne en introduisant des médicaments, et en second lieu de

    "ne pas coopérer activement" aux mesures de sanction qui sont en train de

    tuer tant d’Irakiens. Ils ont pris leur initiative à la suite de la

    publication d’une récente étude des Nations-Unies sur les effets de

    l’embargo sur la population irakienne: selon la F.A.O., 600.000 enfants de

    moins de cinq ans sont morts en Irak des suites de la sous-alimentation et

    des maladies causées par les sanctions. Pour ces "Voix dans le désert", il

    s’agit d’attirer l’attention sur le caractère "immoral" du coût humain des

    sanctions de l’ONU, qui sont "illégales au regard de la loi la plus haute,

    la loi de Dieu", explique Jim Douglas, un pacifiste de Birmingham

    (Alabama).

    Malgré la "sympathie" manifestée l’an dernier à l’Irak par la France, la

    Chine et la Russie, le Conseil de sécurité de l’ONU ne s’est pas encore

    départi de la ligne dure qui est la sienne depuis la Résolution 687,

    adoptée en août 1990 après l’invasion du Koweit par l’Irak. (cip- ep)

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