Etats-Unis : cinquante évêques demandent la (020390)
Washington, 2mars(APIC/CIP) La politique des Etats-Unis au Salvador contribue à la "persécution systématique" des Eglises et aux "violations des
droits humains et religieux" dont se rend coupable le gouvernement salvadorien. L’accusation est portée par cinquante évêques catholiques américains
dans une lettre ouverte adressée au Congrès et lui demandant de s’opposer à
toute forme d’aide militaire au Salvador.
L’initiative de cette lettre ouverte a été prise au départ par les supérieurs religieux de Etats-Unis suite aux polémiques suscitées par l’assassinat de six Jésuites à l’Université centro-américaine "José Simeon Canas"
(UCA) à San Salvador le 16 novembre dernier. De nombreux groupes et organes
de presse catholiques avaient à l’époque protesté auprès de l’administration Bush, demandant que l’argent des contribuables n’aille plus à des "assassins de prêtres".
La lettre ouverte au Congrès a été rédigée au départ par des responsables de la Conférence des supérieurs majeurs des Ordres religieux masculins
des Etats-Unis. Deux évêques se sont joints à cette démarche : Mgr Walter
Francis Sullivan, évêque de Richmond et Mgr Thomas J. Gumbleton, évêque auxiliaire de Detroit. Appartenant tous deux au mouvement Pax Christi, ces
derniers ont, au lendemain, de Noël, adressé copie de la lettre ouverte à
tous leurs confrères, les invitant à la signer. Fin janvier, ils étaient
cinquante à l’avoir fait, précise Soeur Anne Mc Carthy, porte-parole de Pax
Christi/USA, aux côtés de nombreux représentants de communautés paroissiales et d’Ordres religieux. Parmi les signataires figurent les évêques de
trois importants archidiocèses : Mgr Rembert George Weakland (Milwaukee),
Mgr Patrick F. Flores (San Antonio) et Mgr Raymond Gearhardt Hunthausen
(Seattle)
Un ton plus incisif que celui de la Conférence épiscopale
La lettre ouverte invite le Congrès à exercer des pressions sur le président Bush pour qu’il revoie sa politique à l’égard du Salvador et use des
moyens dont il dispose pour y favoriser la négociation. En réclamant la
cessation de toute forme d’aide militaire, les évêques signataires adoptent
une attitude plus énergique que celle de la Conférence épiscopale américaine : c’est sur un ton plus mesuré que son président, Mgr Daniel E. Pilarczyk, archevêque de Cincinnati, s’est exprimé en décembre dernier, dans
une lettre adressée au président américain pour demander "une reconsidération globale du volume, de la nature et du bien-fondé de l’aide militaire
américaine". (apic/cip/cor)