Un frère capucin américain ayant volé plus de 500’000 dollars en prétendant diriger des cliniques médicales au Liban a été condamné, le 27 mars 2025, par un tribunal de New York à cinq ans de prison et à rembourser la totalité des montants escroqués, durant une dizaine d’années, à plus de 350 personnes durant une dizaine d’années.
A coup d’affirmations frauduleuses, le frère d’origine polonaise a réussi à tromper non seulement ses confrères mais aussi de nombreux bienfaiteurs croyant faire des dons pour soigner des enfants libanais. Il se faisait passer pour un médecin chirurgien et prétendait avoir un lien de parenté direct avec deux familles royales européennes. Il possédait deux faux passeports étrangers, un norvégien et un français lui permettant de justifier cette ascendance noble, rapporte le site catholique The Pillar.
Déguisements et fausses identités
Le religieux avait monté un système de fraude complexe impliquant des déguisements et de faux sites web. L’argent récolté frauduleusement aurait servi à entretenir son luxueux train de vie, avec des chirurgies plastiques, des vêtements de luxe et des vacances.
La mythomanie du capucin allait même plus loin: il avait par exemple raconté avoir été gravement blessé dans l’effondrement d’une de ses cliniques survenu lors de l’explosion du port de Beyrouth en août 2020. Vérification faite, il était ce jour-là aux États-Unis. Et ses prétendues cliniques n’ont jamais existé. Le capucin avait poussé la fraude jusqu’à se déplacer pendant plusieurs semaines avec des béquilles pour faire accroire son histoire.
Lors de son arrestation en août 2024 à l'aéroport international John F. Kennedy, alors qu'il était sur le point d'embarquer pour un vol en première classe à destination de Paris, il portait une fausse carte d'identité des Nations Unies .
Les procureurs ont souligné que le prêtre avait menti à plus de 350 victimes au cours d'une décennie et qu'il avait trompé la province franciscaine capucine de New York dans laquelle il avait été incardiné.
Abusé dans son enfance?
La défense du capucin a tenté d’expliquer que le le comportement criminel du prêtre découlait d'abus subis dans son enfance, dans sa Pologne natale. Il a affirmé avoir été victime d'abus sexuels au moins une fois par mois pendant une année scolaire «de la part de deux enseignants, une femme et un homme», alors qu'il était à l'école primaire. “Ses dépenses et ses fausses représentations de lui-même étaient des tentatives erronées et malavisées de combler un vide de toute une vie », a soutenu son avocate. Une argumentation qui n’a pas convaincu les juges. Outre sa peine, le capucin devra suivre un programme de santé mentale ambulatoire.
Ses supérieurs ont cru ses affirmations mensongères
La province des capucins de Sainte-Marie n'a pas réagi immédiatement à la sentence. Mais une enquête interne a révélé que le prêtre avait créé des stratagèmes élaborés pour tromper ses supérieurs provinciaux, et pour obtenir deux emplois à temps plein: l'un en tant que directeur des ressources humaines pour «la branche américaine d'une banque internationale de taille moyenne», et l'autre en tant que directeur des ressources humaines pour «un collège d'infirmières basé à Manhattan».
En septembre dernier, un porte-parole de la province a confirmé que le prêtre avait été suspendu de son ministère et que la province «travaillait avec ses supérieurs à Rome pour régler la question de son statut en tant que membre de l'Ordre des capucins». (cath.ch/thepillar/mp)