Moins féministe que les précédentes (030992)
Washington, 3septembre(APIC) La quatrième version d’une "lettre pastorale
sur la femme", en discussion depuis neuf ans au sein de l’épiscopat des
Etats-Unis, sera certainement soumise à la prochaine assemblée générale des
évêques américains qui aura lieu en novembre. Cette mouture dont le contenu
a été révélé grâce à une indiscrétion, apparaît en retrait par rapport à la
troisième, notamment à propos du "péché du sexisme" et de l’ordination des
femmes. "Le fait que sacerdoce ordonné, à la différence du sacerdoce universel soit réservé uniquement aux hommes ne doit ni être considéré comme
arbitraire ni comme une injustice faite aux femmes", note le document.
La troisième version voyait dans "le péché du sexisme" l’origine véritable de la perte de l’harmonie entre les sexes et de la discrimination de la
femme dans le monde du travail et la société. Elle n’épargnait pas non plus
les critiques à propos des préjugés contre les femmes existant dans l’Eglise, même si le texte avait déjà été atténué par rapport aux deux premières
moutures. La quatrième version considère cette analyse comme une simplification superficielle et rappelle que les difficultés des femmes dans la société contemporaine sont également dues à l’individualisme, à la révolution
sexuelle et à la législation sociale qui ne fait pas de différence entre
les femmes et les hommes.
La révolution sexuelle a bien davantage servi un comportement irresponsable des hommes que l’émancipation des femmes, estime le projet de lettre
pastorale. "Ce n’est pas seulement le sexisme, mais aussi la révolution
sexuelle qui conduisent à l’oppression des femmes." L’individualisme, prôné
par les féministes radicales, a confondu la libération de la femme avec "la
liberté d’avoir des relations sexuelles sans courir le risque d’une grossesse", précise le document. Le discours féministe selon lequel on pourrait
remplacer les valeurs et les structures d’une société patriarcale dominée
par les hommes, par les vertus et les dons spirituels que la nature a faits
aux femmes est également critiqué.
Le refus de l’ordination des femmes n’est pas une injustice
L’affirmation selon laquelle le refus de l’ordination des femmes constitue "une injustice envers la moitié des membres de l’Eglise" a également
été biffée. Cette règle serait une injustice seulement si l’Eglise possédait effectivement ’l’autorité’ pour ordonner des femmes. Mais étant donné
que l’Eglise depuis sa fondation ne dispose pas de cette ’autorité’, ce reproche perd ainsi sa justification, explique le document. "Il est par conséquent totalement faux de considérer le refus de l’accès des femmes à la
prêtrise comme le refus de l’égalité des femmes au sein de l’Eglise", précise le texte. La quatrième mouture de la lettre reprend l’argumentation
théologique traditionnelle. "La symbolique naturelle des sexes" est la raison fondamentale pour laquelle l’Eglise ne peut pas permettre l’ordination
des femmes. Cela se base sur le caractère sacramentel du sacerdoce ordonné,
sur la théologie de l’Eucharistie et sur la symbolique biblique selon laquelle le Christ est le "fiancé de l’Eglise".
Les auteurs de cette version rejettent aussi le reproche d’une autorité
patriarcale. L’autorité du sacerdoce doit être comprise comme "le service
originel du peuple de Dieu", afin de dissiper "chez certaines femmes le
soupçon que ce rapport entre le pouvoir et l’ordre sacré est une expression
patriarcale de supériorité et d’inégalité", souligne le document.
La troisième mouture du document avait été discutée lors de la séance de
printemps de la Conférence des évêques de Etats-Unis, où elle avait suscité
de vives controverses, une partie des évêques dénonçant l’incapacité de
l’Eglise à reconnaître son propre sexisme, une autre insistant sur l’enseignement traditionnel de l’Eglise et sur le sens sacramentel du sacerdoce.
Le président de la commission, Mgr Joseph Imesch, évêque de Joliet (Illinois) avait expliqué que "seul un miracle" pourrait sauver le projet en
chantier depuis neuf ans. (apic/kpr/mp)