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    Premier chagrin d’amour

    Et tout ceci est vrai

    Il avait les yeux emplis d’une grosse tristesse. Qui laissait supposer une déception grosse comme "ça". Mais un enfant ne garde pas longtemps pour lui les secrets de son coeur. Surtout si en plus la maman a deviné les motifs de son désarroi. A 7 ans, bientôt 8, on a le droit d’être désemparé, triste à pleurer des larmes qu’on retient par fierté. Qu’on croit vaillamment retenir. Surtout aussi que les raisons de son chagrin sont vieilles comme le monde, comme un grand-papa à qui on finit par confier que son amoureuse, la traîtresse, pourtant pas plus haute que lui, ni moins jeune non plus, a jeté son dévolu sur un autre. Un rival, un nul quoi, comme aiment à le dire cruellement les gosses à cet âge là. Un sale gamin dans tous les cas, qui ne la mérite pas, et qui, surtout, n’a rien de plus que lui. Bien au contraire. Les filles, allez les comprendre, surtout qu’elles finissent souvent par regretter leur premier choix. On dirait n’importe quoi, pour effacer de ce regard d’enfant ce gros chagrin, ce premier chagrin d’amour. Ce. dépucelage du coeur. (Apic/Pierre Rottet)

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