Espagne: une commission parlementaire (230388)
Barcelone, 23mars(APIC) Le gouvernement et le Parlement espagnols sont
disposés à lutter sérieusement contre le phénomène des sectes qui selon les
dernières estimations concernerait plus de 150.000 jeunes répartis dans
plus de 300 groupements religieux. Le gouvernement a favorisé la mise en
place d’une commission technique afin de coordonner le contrôle des sectes.
L’assemblée plénière des députés a pour sa part décidé de créer prochainement une commission parlementaire qui étudiera et enquêtera sur les sectes
et sur leur répercussion dans la société. L’adhésion de l’Espagne à la
résolution du Parlement Européen du 22 mai 1984 sur le même sujet a été
également ratifiée.
Le premier pas concret au niveau politique a été réalisé le 3 mars dernier au siège du Ministère de la Justice ou les responsables de ce département se sont rencontrés avec ceux d’autre ministères. Des sociologues et
psychologues ainsi que des membres d’associations privées concernées par ce
phénomène y participaient également. Une attention particulière a été portée à la poursuite de toute action illégale commise par les sectes. Les participants ont également décidé la création d’une Commission technique formée par les 5 départements et par les associations concernées qui enquêtera
sur les attitudes des sectes qui pourraient violer les droits fondamentaux
des personnes. Concrétement, la Commission étudiera les méthodes employées
par les sectes pour attirer ses membres ou pour les empêcher d’en sortir,
ainsi que l’usage qu’elles font des biens de ces derniers. Elle investiguera aussi le possible non accomplissement de la législation fiscale auquel
elles pourraient s’exposer.
Une enquête parmi 1.600 jeunes
Le récent organisme créé reprendra à sa charge la recherche qui est en
train d’être réalisée par la Commission Interministérielle de la Jeunesse.
Cette dernière consiste en une analyse d’expériences de secteurs en rupture
avec les groupements "pseudoreligieux" ainsi qu’en une enquête réalisée
auprès de 1.600 jeunes entre 18 et 29 ans; les résultats seront connus cet
été. Cette investigation analysera le phénomène des sectes dans son contexte de mouvement associatif de jeunes. Selon les responsables, "on aperçoit un déplacement de la particiaption des jeunes en direction des associations informelles et spontanées, ce qui pourrait être un bouillon de
culture pour la naissance et l’implantation des sectes".
La Commission parlementaire constituée par un député de chaque groupe
politique représenté au congrès examinera en premier lieu l’aspect juridique du phénomène. Les parlementaires en votant la résolution du parlement
Européen du 22 mai 1984 ont partagé l’avis de leurs collègues de la communauté. Dans cette résolution, les pays communautaires, après avoir admis
qu’il n’existe "aucun droit pour juger de la légitimité des croyances religieuses en général et de l’attitude religieuse en particulier", ils mettent
néanmoins en doute "le caractère légal des méthodes employées pour le
recrutement de nouveaux membres et le traitement réservé à ces derniers par
les sectes". (apic/cr/bd)