Espagne : Tensions entre l’Eglise et le (020490)
Un dépérissement de la dimension spirituelle ?
Madrid, 2avril(APIC) Le projet de réforme scolaire du gouvernement espagnol continue de susciter des critiques de la part de l’Eglise catholique
en Espagne. Au lendemain de l’adoption vendredi par le cabinet d’un projet
de loi sur la réforme scolaire, Mgr Ricardo Maria Carles Gordo, nouvel archevêque de Barcelone, a reproché au gouvernement de proposer une éducation
de la jeunesse exclusivement dirigée vers la technique et la consommation,
avec pour conséquence un dépérissement de leur dimension spirituelle.
Le projet prévoit notamment que la participation aux classes d’enseignement religieux sera facultative. Le parlement débattra de la nouvelle loi
en mai prochain. Le projet présenté ne prévoit pas de remplacer les heures
de religion par exemple par un enseignement des valeurs éthiques. Un
porte-parole du Conseil général de l’enseignement catholique (CGEC) a
annoncé que des manifestations seraient organisées au cas où l’on ne
pourrait pas obtenir un consensus sur la réforme dans le sens voulu par
l’Eglise et les associations catholiques.
Le Conseil général de l’enseignement catholique a présenté au gouvernement 16 amendements à son projet. Santiago Martin, vice-président du CGEC a
déclaré à Madrid que la réforme scolaire projetée discrimine les écoles
catholiques privées et viole certains droits de l’homme. Le ministre de
l’Education espagnol, Javier Solana, a affirmé qu’il mettra sur pied une
Commission permanente pour examiner la réforme scolaire. Cette Commmission,
demandée par les syndicats, sera composée de représentants de tous les secteurs sociaux.
Les responsables du gouvernement espagnol ont répété à maintes reprises
ces derniers jours que la réforme scolaire correspond aux valeurs fondamentales garanties par la Constitution et respecte les traités passés entre
l’Etat espagnol et le Saint-Siège. Ils ont rejeté les reproches faits par
les évêques et les associations de parents d’élèves selon lesquels la réforme scolaire - qui doit entrer en vigueur en 1992/1993 - discriminerait
l’enseignement religieux et mettrait en danger les écoles catholiques.
(apic/kna/be)