Espagne: selon les évêques, la découverte de (100288)
Barcelone, 10février(APIC) En Espagne, la Commission épiscopale pour le
Ve centenaire de la découverte de l’Amérique par Christophe Colon en 1492 a
édité une série de cahiers destinés aux centres scolaires et de catéchèse.
Ces derniers se réfèrent à la tâche d’évangélisation réalisée par l’Eglise
catholique espagnole dans le Nouveau Monde.
Selon les textes édités par les évêques, le trône et l’autel constituent
de fait une étroite alliance. "Ainsi il s’est installé un double intérêt,
aujourd’hui difficilement compatible, mais qui en ce temps ne s’opposaient
pas: d’un côté, la domination de la terre et s’enrichir par ses ressources,
et d’un autre côté, "sauver les âmes des indiens", précisent les textes.
La Commission épiscopale est présidée par l’archevêque de Séville, Mgr
Carlos Amigo Vallejo. "Joint à l’avidité de s’enrichir par des propriétés
et des richesses, il existait le projet d’évangéliser les natifs des nouveaux teritoires de la couronne espagnole afin de sauver leur âme", c’est ce
qu’affirment ces textes.
Les évêques soulignent les dénonciations faites par des missionnaires,
comme Bartolomé de la Casas ou Antonio Montesinos, qui se sont élevés contre les injustices commises vis-à-vis de la population autochtone: "de
nombreux colons et missionnaires se sont opposés aux traitements injustes à
l’encontre des indiens, mauvais traitements dont étaient responsables des
régisseurs qui leur imposaient de dures travaux dans le but de rentabiliser
au maximum la terre", affirment les cahiers.
Les évêques reconnaissent également qu’à de nombreuses occasions on ne
respectait pas les autochtones à qui on avait spolié terres et biens et
d’ajouter: "néanmoins, dans les terres colonisées par l’Espagne et le Portugal, malgré les injustices et les abus commis, on respectait la race indienne, on la protégeait, et les mêmes colonisateurs mélangèrent leur sang
avec les originaires des terres, formant des familles, à l’écart de n’importe quelle ségrégation raciale".
Les évêques contre les abus d’hier et d’aujourd’hui
Les cahiers abordent également la problématique de l’éloignement de la
métropole et des colonies qui laissent supposer les injustices et le manque
d’un gouvernement valable. A cette époque, l’Eglise éleva la voix pour protéger les natifs de ces régions contre les abus de ceux qui ne recherchaient que la richesse ou l’exploitation de la terre. L’Eglise collabora
de manière efficace afin d’obtenir des lois et des normes respectant les
natifs de chaque région".
Mais selon les évêques espagnols, cette défense de la population doit se
réaliser également aujourd’hui et devenir une tâche principale de l’évangélisation de ce sous-continent qui contiendra en l’an 2.000 plus du trois
quart des catholiques du monde entier. Selon la Commission épiscopale, parmi les défis que doit affronter l’Amérique latine figurent la lutte contre
la pauvreté, l’injustice, la marginalisation et la dépendance vis-à-vis
d’autres nations. Celle-ci est qualifiée dans le document d’"humiliante" et
de "nouvelle forme d’esclavage collectif qui limite la liberté de gouvernement, d’organisation interne et la conduite des nations et des sociétés". A
ce sujet, les textes affirment, "les richesses naturelles des peuples
américains sont suffisantes afin de promouvoir le bien-être de tous; mais
celles-ci sont mal distribuées ou aux mains de personnes qui les exploitent
au bénéfice d’un petit nombre ou d’entreprise étrangères".
Devant l’injustice, les évêques refusent d’accepter le recours à la violence et lui opposent l’Evangile comme élément libérateur. "L’éducation de
la foi du croyant pousse à défendre l’homme et la société ainsi qu’à lutter
contre toute forme d’exploitation". (apic/cr/bd)