Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Espagne : relations Eglise-Etat: dépasser la confrontation (261087)

    Barcelone, 26octobre(APIC) Jésus Esquerra Calvo, nouvel ambassadeur

    espagnol près le Saint-Siège, sera-t-il l’instigateur d’une nouvelle politique de détente et de collaboration entre le gouvernement socialiste de

    Felipe Gonzalez et le Vatican, ainsi que dans les relations Eglise-Etat inter-espagnoles ? De nombreux indices semblent l’indiquer.

    Selon la revue de tendance socialiste "El Globo", éditée par "El Pais",

    cette nomination semble etre l’aboutissement de nombreux apartés entre le

    premier ministre et le nonce, Mgr Mario Tagliaferri. Ce dernier lui aurait

    promis pour l’avenir une attitude plus favorable des cercles religieux à sa

    politique, en échange du retrait de l’ambassadeur Gonzalo Puente Ojea, qui

    ne faisait pas mystère de ses convictions marxistes . En effet, le mandat

    du nouvel ambassadeur, présenté comme plus conservateur, a débuté sous les

    meilleurs auspices : témoin l’exceptionnelle rapidité du placet du Vatican

    à son égard (72 heures), quant on sait que son prédécesseur, démissionnaire

    depuis le premier juin, avait du attendre 60 jours. L’ex-ambassadeur était,

    il est vrai, un agnostique et un marxiste convaincu.

    Lors de la présentation des lettres de créance, samedi 17 octobre, le

    mot "collaboration" était au centre de tous les discours. Reconnaissant le

    caractère non confessionnel de l’Etat espagnol, le pape Jean Paul II a indiqué que cette collaboration se baserait sur les accords de 1979 signés

    par l’Espagne et le Saint-Siège. Le nouvel ambassadeur s’est fait plus explicite et a affirmé que son gouvernement était disposé à chercher

    différentes formes de coopération pour résoudre les problèmes concrets rencontrés aujourd’hui dans la société espagnole.

    Cette collaboration a commencé officiellement le 21 juin dernier : le

    premier ministre Gonzalez, invité à déjeuner par le nonce, Mgr Tagliaferri,

    lui demanda l’aide de l’Eglise dans sa lutte contre la délinquance et la

    drogue. Cette rencontre a été qualifiée de "diner de la paix". Elle devait

    mettre fin à la confrontation Eglise-Etat, qui avait débuté par la victoire

    socialiste de 1983. Les points forts de la discorde étaient la réforme de

    l’enseignement, la dépénalisation partielle de l’avortement et la présentation de la religion à la télévision. La mésentente s’est accrue par la nomination "provocatrice" au Vatican en 1985 de l’ambassadeur Puente Ojea.

    Ce "diner de la paix" inaugurait une nouvelle ère des relations EgliseEtat, concrétisée par la nomination de l’ambassadeur Calvo. Cette "diplomatie du manteau" du nonce est significative de l’importance de l’action du

    représentant du Vatican dans les relations Eglise-Etat.

    Mgr Tagliaferri, nonce conservateur et diplomate

    "Dur comme le fer, doux comme la soie", tel est le portrait donné par la

    revue "Globo" pour dépeindre le représentant du Vatican à Madrid. Cet

    ecclésiastique italien de 60 ans, d’origine paysanne, est arrivé en Espagne

    en septembre 1985, au pire moment des relations Eglise-Etat. Parallèlement

    débarquait à Rome l’ambassadeur espagnol si contesté.

    Le nonce débutait son mandat précédé par une solide réputation de fin

    négociateur foncièrement conservateur. A Cuba, déclaré "persona non grata"

    par les autorités, il défit en grande partie les avances de son prédécesseur afin de trouver un terrain d’entente avec le régime communiste. Au

    Pérou, Mgr Tagliaferri convoque toute la Conférence épiscopale à Rome, une

    enquete ayant été ouverte par le Préfet de la Congrégation pour la doctrine

    de la Foi, le cardinal Joseph Ratzinger, au sujet du théologien de la

    libération Gustavo Gutierrez.

    Sa nomination à Madrid correspondait également à un désir des autorités

    romaines de suivre de plus près la situation espagnole. "El Globo" de se

    demander si cette nomination n’inquiétait pas plus les prélats espagnols

    que le gouvernement : "Il est un fait que ses visites inattendues dans les

    diocèses, églises, couvents, séminaires et ses discours dérangèrent nombre

    de prélats, ainsi que sa préférence pour les secteurs plus conservateurs et

    en particulier pour les membres de l’Opus Dei".

    Le 25 février dernier, le poids du nonce se fit sentir de façon décisive

    lors de l’élection du cardinal Angel Suquia Goicoechea comme président de

    la Conférence épiscopale espagnole. Ce dernier fut élu avec une seule voix

    de différence. La nomination de nouveaux éveques pour novembre prochain

    pourrait etre décisive et amener un plus grand conservatisme dans la

    hiérarchie. Nul ne doute que le nonce a son opinion sur les candidats potentiels.

    L’impot religieux

    En deux ans d’activités, le nonce n’a connu qu’un revers de taille :

    l’impot religieux, prévu dans les accords Eglise-Etat de 1979. Le nonce a

    réussi à retarder l’introduction de l’impot, prévue pour 1983. Ce dernier

    se basera sur un questionnaire concernant l’appartenance religieuse. L’impot religieux effleure le problème de l’identité et de l’influence sociale

    du catholicisme en Espagne. L’Eglise, face à ce nouveau système de financement, est confrontée à un défi : en effet elle pourra maintenir son niveau

    actuel de rentrées à la seule condition que le 100% des contribuables destinent l’impot religieux à l’Eglise catholique. Les éveques eux-memes

    n’espèrent que 50% de réponses positives, meme si 85% des Espagnols se

    déclarent catholiques dans les enquetes.

    Le projet gouvernemental de septembre prévoit pour l’année prochaine

    10,5% des impots pour l’Eglise catholique, en remplacement des subventions

    budgétaires versées d’avance chaque année. En outre, une clause de sauvegarde permet à l’Eglise de conserver dans les trois années à venir le meme

    taux de subvention que celui pratiqué actuellement. La perspective d’une

    diminution de rentrées est inévitable. (L’Eglise dispose actuellement

    13’350 millions de pesetas, soit 173.550’000 francs). La Conférence épiscopale a accepté de bon gré l’impot, selon les progressistes "plus proche de

    la collaboration volontaire des fidèles". L’autofinancement, selon "El Globo", est une utopie, à l’exception de la Catalogne et du Pays basque.

    (apic/cr/cor)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus