Barcelone, 11avril(APIC) Les deux nouvelles nominations épiscopales qui
viennent d’avoir lieu en Espagne ont supris. Certains y voit une volonté de
mettre de l’ordre dans les Universités d’Eglise espagnole. L’actuel
sécrétaire général de la Conférence épiscopale espagnole, Mgr Fernando Sebastian Aguilar, a été nommé par Jean Paul II, le vendredi 8 avril, comme
évêque coadjuteur de Grenade avec droit de succession. Le pape a également
nommé l’actuel vice-recteur de l’Université pontificale de Salamanca, Ricardo Blasquez Perez, comme évêque auxiliaire de Santiago de Compostelle.
Ce dernier secondera Mgr Antonio Maria Rouco Varela, évêque titulaire.
A l’occasion d’une conférence de presse, Mgr Sebastian a annoncé qu’il
avait l’intention de présenter sa démission comme secrétaire de la Conférence épiscopale espagnole, alléguant que l’expérience lui avait enseigné
qu’il est impossible de mener cette tâche avec une autre. Mgr Sebastian
avait été évêque de Leon pendant 4 ans, mais il avait également renoncé à
cette tâche en 1983. Il a l’intention de renoncer officiellement au poste
de secrétaire général à l’occasion de la prochaine assemblée plénière des
évêques. Mgr Sebastian assistera l’actuel évêque de Grenade, Mgr José Mendez, âgé de 68 ans. Bien que des rumeurs donnent Mgr Mendez malade, ce dernier continue normalement son activité pastorale.
La désignation de Mgr Fernando Sebastian à Grenade a de quoi surprendre
quand on sait qu’il y a à peine quelques mois, en novembre dernier, il
avait été réélu au poste de secrétaire général de la Conférence épiscopale
espagnole, avec 85% des voies. Cette nomination selon "El Pais", journal
indépendant de centre gauche, avait supposé le triomphe du candidat le
moins conservateur à ce poste. Cette nouvelle nomination, poursuit le journal, pourrait l’éloigner d’un important centre de décision dans l’Eglise
espagnole, si son remplacement se confirme. Les milieux progressistes
espagnols s’étonnent que Mgr Sebastian n’ait pas été nommé dans un des
évêchés vacants (Ibiza) ou prochainements vacant (Jaen ou Orihuela-Alicante).
Le principal intéressé, interrogé à ce propos par le journal "YA", proche de l’épiscopat, a rappelé qu’à l’occasion de la fin de son mandat antérieur il avait déclaré à ses confrères qu’il était disposé à poursuivre
cette charge si les évêques le voulaient, mais qu’il préférait revenir à un
service pastoral direct. "Je suis très content de la décision du Saint-Siège (je ne sais pas si l’on a tenu compte de mon désir ou s’il y a eu
d’autres raisons), et je l’accepte avec plaisir".
Auxiliaire à Santiago de Compostelle
Le nouvel évêque auxilaire de Compostelle, Ricardo Blasquez, actuel vice-recteur de l’Université Pontificale de Salamanca, est né le 13 mars 1942
à Avila. Docteur en théologie de l’Université Grégorienne de Rome, il est
doté d’une solide formation intellectuelle et d’un caractère ouvert au dialogue. Il a été interrogé par le journal madrilène "ABC", proche des milieux économiques de droite, sur les possibles critiques qu’il devra affronter
concernant sa proximité de vue avec des mouvements comme "Communion et
Libération" et "Néocatéchumènes". A ce sujet, Mgr Blasquez considère
"qu’elles font partie de la croix que chacun doit accepter, je comprends
que l’on veuille me classer, mais ce que je désire c’est être utile à
l’Eglise galicienne".
Le même quotidien madrilène considère que ces deux nominations renforcent clairement le secteur théologique de l’épiscopat et dénotent le désir
de mettre de l’ordre dans les universités de l’Eglise espagnole. En effet,
l’archevêché de Grenade, tout en étant la capitale religieuse de l’Andalousie orientale, est aussi le siège d’une importante Université pontificale
dirigée par les jésuites. Cette dernière avait été agitée, dans les années
post-conciliaires par des conflits entre certains professeurs et les
doctrines officielles. Mgr Blasquez collaborera également à ce renforcement
doctrinal de l’intérieur de la Conférence épiscopale. (apic/cr/bd)