La doctrine sociale de l’Eglise mal reçue en Espagne
Barcelone, 20avril(APIC) Dans le discours d’ouverture de l’Assemblée
plénière des évêques espagnols qu’il a prononcé lundi 18 avril, le cardinal
archevêque de Madrid Angel Suquia, président de la Conférence épiscopale
espagnole, a exprimé son désaccord avec la politique sociale du
gouvernement espagnol. Il affirme que la doctrine sociale de l’Eglise n’a
"rencontré que peu d’accueil en Espagne", du côté du gouvernement comme de
l’Eglise du pays.
Pour Mgr Suquia, "une des déficiences du catholicisme espagnol réside
dans son manque de conscience sociale; les politiciens, les économistes,
les patrons et les syndicalistes d’hier et d’aujourd’hui ont été
catholiques ou le sont, mais ils ignorent en théorie ainsi qu’en pratique
l’enseignement de l’Eglise sur les exigences morales de leur profession. La
population l’ignore plus encore, les jeunes générations surtout et même les
séminaristes. C’est là le résultat de la longue éclipse de la doctrine
sociale de l’Eglise ces vingt dernières années en Espagne".
Son discours (un texte d’une vaingaine de pages) a été, de l’avis des
observateurs, le plus critique qui ait été prononcé vis-à-vis de
l’administration depuis la transition démocratique en Espagne. Mgr Suquia
s’est attaqué à "l’opulence et au gaspillage, à l’inconscience avec
laquelle on agit parfois dans l’administration, aux salaires excessifs et à
l’attribution de postes privilégiés pour des motifs idéologiques".
"Les fonds de l’Etat financent des avortement et des revues amorales"
L’archevêque de Madrid a souligné que "certaines lois déjà approuvées et
d’autres annoncées ne contribuent certainement pas à favoriser la justice
sociale ni le développement humain de nontre peupe". En outre, "si l’argent
du trésor public sert à financer des avortements, des centres de
planification familiale (ou l’on prône la contraception artificielle et
diffuse des revues amorales voire immorales sur l’éducation sexuelle); si
cet argent ne va qu’aux centres éducatifs de l’Etat et non aux autres qui
offrent aussi un service publc, si l’on accorde des postes importants sur
des bases idéologiques, il est clair alors qu’il n’y a pas de véritable
politique sociale", a conclu Mgr Suquia.
Il s’est encore adressé aux dirigeants du pays pour leur rappeler que
"la législation d’un Etat de droit doit rechercher le bien commun. Il faut
pour cela légiférer en se référant à un ordre moral sérieux, cohérent et
objectif. On ne recherche pas le bien commun si l’on développe le matériel
et l’économique sans développer les vraies valeurs morales, car sans morale
il n’y a ni justice ni culture humaine". (apic/cr/ym)