Espagne: les évêques invitent à boycotter les (090992)
"Déclaration de guerre" à l’avortement et au gouvernement
Madrid, 9septembre(APIC) Les évêques espagnols réagissent à la réforme du
code pénal entamée par le gouvernement de Felipe Gonzalez en matière de dépénalisation de l’avortement, en invitant à boycotter les partis favorables
à cette dépénalisation. Le "Comité épiscopal pour la défense de la vie" de
la Conférence épiscopale espagnole vient en effet de publier un appel dans
ce sens. Un appel perçu en Espagne comme une déclaration de guerre à
l’avortement, mais aussi, indirectement, au parti socialiste de Felipe Gonzalez.
Dans leur appel, les évêques affirment que "ceux qui sont pour la vie,
qu’ils soient ou non catholiques, doivent s’engager pour la défense de
l’enfant pas encore né, face aux lois qui favorisent l’avortement", notamment "à travers leur vote, lors des élections". Les évêques invitent ainsi
les électeurs à s’opposer à l’avortement afin d’"éviter que cet attentat
contre la vie humaine ne devienne réalité".
Le cardinal Narciso Jubany (Barcelone), président du Comité épiscopal, a
cependant tenu à préciser qu’"il ne s’agit pas de solliciter un vote pour
ou contre qui que ce soit, mais de faire en sorte que l’on réfléchisse en
conscience afin de savoir pour qui l’on doit voter".
Les évêques espagnols réagissent à la réforme du code pénal entamée par
le gouvernement de Felipe Gonzalez, qui ajoute un nouveau chapitre aux
trois précédents qui vont déjà dans le sens d’une dépénalisation de l’avortement dans certains cas. A savoir le danger grave pour la santé physique
ou psychique de la femme, le viol et les graves malformations, physiques ou
psychiques, du foetus. Le nouveau texte prévoit cette fois la possibilité
d’avorter durant les douze premières semaines de la grossesse, pourvu qu’un
médecin fasse état de "l’existence d’un état de détresse et d’anxiété chez
la femme, ainsi que d’un risque pour sa santé au cas où la grossesse se
poursuivrait". Il exige également que la femme enceinte soit informée des
alternatives possibles à l’avortement, ainsi que des droits et les aides
prévues pour les femmes enceintes et pour les mères.
Equivoque et ambigu
Les évêques soulignent le caractère équivoque et ambigu d’un concept tel
que "l’état de détresse et d’anxiété", et disent leur crainte que l’élargissement des motifs autorisant l’avortement ne revienne en fait à introduire la pratique de l’avortement à la demande.
La prise de position épiscopale est perçue par de larges secteurs de la
population comme une invitation à ne pas voter pour le Parti socialiste
ouvrier espagnol, au pouvoir depuis 1982, lors des prochaines élections
prévues en 1993.
Le Comité épiscopal pour la défense de la vie avait déjà pris position
en avril 1991, dans un document intitulé "L’avortement: 100 questions et
réponses sur la défense de la vie humaine et l’attitude des catholiques".
Le Comité qualifiait alors l’avortement de "fléau du monde contemporain" et
de "génocide comparable aux exterminations perpétrées par les nazis".
(apic/cip/pr)