Espagne: les évêques disent cent fois non à l’euthanasie (070393)
Madrid, 7mars(APIC) A l’heure où de vives controverses agitent le monde
politique espagnol, certains réclamant une réforme du code pénal en vue de
légaliser l’euthanasie, les évêques espagnols viennent de prendre fermement
position, dans un document intitulé "Cent questions et réponses sur la défense de la vie humaine et l’attitude des catholiques". Publié par la Commission épiscopale pour la défense de la vie, après trois ans de travail
interdisciplinaire, le document a été présenté samedi par le cardinal Narciso Jubany, archevêque émérite de Barcelone, en sa qualité de président de
cette Commission.
Le document, rédigé sous forme de questions-réponses, comporte six chapitres. Le premier tente de clarifier les concepts. Le second - "L’homme
entre la souffrance et la mort" - propose une réflexion de caractère philosophique et anthropologique. Les troisième, quatrième et cinquième parties
approfondissent la question sous l’angle de la médecine, de la société et
de l’Etat. Le dernier explique la position de l’Eglise face à l’euthanasie.
Une forme d’homicide
Pour les évêques espagnols, l’euthanasie est "une forme d’homicide, car
elle implique qu’un homme en tue un autre, que ce soit par un acte positif
ou par l’absence de l’attention à des soins que l’on aurait dû apporter".
Ils rappellent que "dès le début du christianisme, l’euthanasie a cessé
d’être un problème social, et ce jusqu’au vingtième siècle, où certains ont
fait rebondir la question à cause de leur prétention à obtenir sa légalisation".
Or, les évêques estiment que "légaliser l’euthanasie", c’est ouvrir la
porte à des pratiques sinistres, puisque la compassion pourrait servir
d’excuse pour justifier la suppression des faibles, des handicapés et des
malades en phase terminale". Et d’ajouter: "Même si ce propos est abrupt,
il faut rappeler ce qui s’est passé sous le régime hitlérien, quand, sous
couvert d’euthanasie, on a fini par perpétrer le génocide de ceux que l’on
considérait comme parasites inutiles".
L’expression d’un totalitarisme
Dans leurs "réponses", les évêques analysent et contestent les raisons
invoquées par les partisans de la légalisation de l’euthanasie. Ils soulignent: "Le fait que des délits soient commis ne justifient pas la légalisation de ce type de comportement". Selon eux, loin d’être une expression de
solidarité sociale, l’euthanasie est "l’expression d’un totalitarisme".
Les évêques sont convaincus que "les sociétés et les Etats ont l’obligation de prévoir tous les moyens, y compris juridiques, en vue d’empêcher
que des êtres humains soient tués et, par conséquent, pour que l’euthanasie, qui est une manière de tuer, ne soit pas pratiquée.
Pour les catholiques, en tout cas, "l’euthanasie, au même titre que les
autres formes d’homicides, est non seulement une atteinte injustifiée à la
dignité humaine, mais aussi un péché très, très grave contre un fils de
Dieu".
Face à l’euthanasie, les chrétiens ont à lutter, dans le cadre de la vie
quotidienne, pour "une culture de la vie qui rend inadmissible l’euthanasie, tout en priant pour ceux qui souffrent". Les chrétiens, disent les
évêques, doivent être attentifs, lors de campagnes électorales, et analyser
de façon responsable l’attitude de chaque parti politique face à des questions telles que la famille, la santé ou la politique à l’égard des handicapés et des personnes âgées". (apic/cip/pr)