Une société "moralement malade"
Madrid, 23novembre(APIC) La Conférence épiscopale espagnole a vivement
critiqué la laïcisation croissante en Espagne ainsi que la société de consommation. Dans un communiqué publié jeudi à l’issue de leur assemblée générale, les évêques décrivent la société espagnole comme une société "moralement malade", dans laquelle l’argent et les affaires douteuses influencent le comportement des électeurs. Dans un document de 43 pages, ils accusent en outre le gouvernement de donner le mauvais exemple.
Reprochant à leur pays de "s’être transformé en un grand casino", les
évêques espagnols déplorent la volonté de libéraliser l’euthanasie et
l’avortement sur indication sociale, volonté qui manifeste la perte
d’orientations morales dans la société espagnole. Ils critiquent l’extension de la corruption, le trafic d’armes et de drogue ainsi que la "surestimation" de l’argent et du succès matériel. S’ils soulignent l’apport
positif des médias dans la mise à jour de scandales de corruption, ils leur
demandent de respecter la sphère intime des personnes et de ne pas confondre liberté d’expression et indifférence morale.
Les évêques espagnols déplorent le manque de politiciens catholiques engagés au gouvernement, refusant toutefois de s’identifier à un parti. Le
gouvernement a pour sa part demandé à ses membres de réagir avec prudence
aux attaques de l’épiscopat, qui leur reproche leurs "tendances à la laïcisation". En Espagne les relations entre le gouvernement et les évêques sont
tendues depuis quelque temps. (apic/kna/cor)