Espagne: le christianisme et le féminisme (150992)
Mais la femme reste marginalisée dans la société et dans l’Eglise
Madrid, 15septembre(APIC) La femme reste marginalisée aussi bien dans la
société que dans l’Eglise: c’est le constat dressé par une vingtaine de
théologiennes d’Europe, d’Afrique et d’Amérique, invitées à s’exprimer au
12e Congrès de théologie organisé à Madrid du 9 au 13 septembre. 1’200 personnes, dont une majorité de femmes, ont pris part à ce rendez-vous organisé par l’Association Jean XXIII, qui réunit des théologiens de la "tendance progressiste". Thème de la rencontre: "Et Dieu créa la femme".
"Si l’on excepte le Comité Olympique, l’Eglise catholique est la seule,
dans le monde occidental, à exclure la femme de ses organes de direction",
a déploré la théologienne catalane Maria Martinelli. "Hormis les secrétariats, a-t-elle déclaré, il n’y a plus de femmes dans aucune Congrégation de
la curie romaine, pas même dans le dicastère des religieux, alors que les
religieuses sont trois fois plus nombreuses que les religieux".
Au terme des débats, les participants ont publié un communiqué où ils se
disent persuadés que le féminisme et le christianisme peuvent fournir "des
instruments valables et nécessaires pour parvenir à la libération de la
femme". C’est vrai que "le christianisme, avec sa tradition hiérarchique et
patriarcale, s’est caractérisé par une forte composante anti-féministe, du
fait qu’il a considéré unilatéralement comme exclusif de la femme des valeurs telles que la soumission, l’obéissance et la réclusion dans le foyer,
et du fait qu’il a exclu la femme des ministères et des responsabilités ecclésiales".
En revanche, a-t-on constaté à Madrid, on trouve dans le christianisme
"d’autres traditions de caractère égalitaire qui peuvent contribuer d’une
manière créative à la libération de la femme et à la construction d’une
communauté d’égaux qui, dans le respect des différences, aide à surmonter
les inégalités qui se sont produites sur la base de la différenciation
sexuelle, de la race, de la classe sociale ou de la religion".
Le féminisme, de son côté, "fournit des instruments d’analyse permettant
de découvrir les racines de la marginalisation et de démasquer les mécanismes qui cherchent à la perpétuer, déclarent les congressistes. Selon eux,
le féminisme apporte en outre "de nouvelles catégories anthropologiques favorisant l’élaboration d’un modèle de rapports libérateurs entre hommes et
femmes. (apic/cip/pr)