des "voies alternatives" à la prison
Les autorités politiques critiquent l’initiative
Bilbao, 16janvier(APIC) Mgr Luis Maria de Larres y Legarreta, et son auxiliaire, Mgr Uriarte, réclament une réforme du système pénitenciaire dans
le Pays Basque et en Espagne. Cette réforme, écrivent-ils dans une lettre
pastorale intitulée "Hermanos et amigos de los presos" (frères et amis des
prisonniers) devrait pouvoir ouvrir "de nouveaux chemins alternatifs à la
prison". l’initiative des deux évêques est d’ores et déjà critiquée par le
délégué du gouvernement espagnol au Pays Basque.
Pour les membres de l’ETA actuellement en détention, les évêques soulignent qu’ils ne peuvent servir de "monnaie d’échange" dans le cadre de
négociations, "pas même comme prix à payer pour la pacification". Le document met en outre en garde contre le risque d’utiliser le prisonnier comme
"une réserve ou un capital au service d’intérêts politiques qui le manipulent".
L’initiative des évêques de Bilbao n’a pas eu l’heur de plaire au délégué du gouvernement espagnol au Pays Basque. Selon lui, leurs affirmations
"engendrent la confusion". Il ne pensent cependant pas que les évêques
aient voulu couvrir l’ETA, mais relève que leur proposition risque d’encourager "ceux qui, comme l’ETA, veulent justifier les assassinats les plus
ignobles pour des prétendus motifs politiques", alors qu’"il n’y a pas de
prisonnier politique en Espagne", afirme-t-il.
De son côté, le syndicat unifié de la police du Pays Basque a critiqué
la référence faite aux prisonniers appartenant à l’ETA, et il a demandé aux
évêques basques "de réfléchir, de condamner la violence et de vivre au présent".
En présentant le document, l’évêque auxiliaire a tenu à signaler qu’il
n’est aucunement destiné à mettre en relation avec les mobilisations organisées ces derniers jours par des familles de prionniers appartenant à
l’ETA. Celles-ci avaient demandé à l’Eglise de se prononcer en faveur du
respect des droits de l’homme dans les prisons. (apic/cip/pr)