Barcelone, 8 mai (APIC) Mgr Ramon Echarren, évêque des Canaries et président de la Conférence épiscopale pour la pastorale sociale, a présenté à la
presse vendredi 6 mai une document intitulé "L’Eglise et les pauvres". Il
sera approuvé dans sa totalité par la Conférence épiscopale d’ici 1990.
"Nous sommes dans une situation de dégradation sociale en Espagne; nous
faisons trop peu face aux nouvelles formes de pauvreté. Jamais on n’a autant parlé de justice et commis autant d’injustices", a affirmé l’évêque de
Las Palmas. Il a ajouté qu’il y a des personnes qui peuvent envier les animaux : "Ce que le premier monde dépense uniquement pour alimenter ses animaux domestiques suffirait largement à alimenter le tiers-monde".
Se rapportant plus précisément à la situation espagnole, il a souligné
que "la pauvreté se répand en même temps que l’on bat tous les records de
non-solidarité : une chose est la reconnaissance des droits des personnes,
autre chose est de pouvoir les exercer. Il est triste de voir des personnes
s’unir pour défendre des droits strictement personnels et oublier tous ceux
qui n’en ont aucun et n’ont pas la possibilité de se faire entendre. On
parle beaucoup des droits fondamentaux, mais en réalité on ne permet pas
leur exercice par l’immense majorité du peuple espagnol".
Pour Mgr Echarren, la conséquence immédiate de cette situation est "la
croissance de l’agressivité qui pourrait éclater du jour au lendemain, comme cela a déjà été le cas au cours de notre histoire". Les mots les plus
durs de la conférence ont été réservés aux récentes critiques d’"inconstitutionnalité de l’impôt religieux", auxquelles l’évêque a répondu :"Ceci
est un cas unique de manque de culture; la structure mentale qui régit ce
pays est comparable à celle d’une république bananière. Il s’agit d’un provincialisme de la pire espèce, alors que non seulement dans les pays occidentaux, mais aussi à l’Est, comme en Yougoslavie, le thème du financement
de l’Eglise par l’Etat est déjà monnaie courante". (apic/cr/cor)