Madrid, 29septembre(APIC) L’Eglise de Madrid a consacré en 1987 une somme
de 169 millions de pesetas (environ 1,6 millions de francs) à la lutte contre le chômage en Espagne. Dans ce but, depuis 1981, l’archidiocèse de
Madrid a mis sur pied une commission ad hoc dont font partie Caritas, la
Commission "Justice et Paix" ainsi que les "fraternités de travail". A
Madrid en effet, plus de 300.000 personnes et les membres de leurs familles
souffrent du chômage, dont 27% seulement bénéficient d’une aide économique
de l’Etat.
Des 169 millions de pesetas alloués l’an dernier, plus de 96 ont été
consacrés à la création d’emplois, par le biais de subventions ou de prêts
accordés à des personnes susceptibles d’entreprendre un travail autonome,
ou à des groupes qui optent pour un régime de travail associatif ou
coopératif. Ils peuvent bénéficier soit de prêts sans intérêt, soit d’une
subvention mixte (prêt et subvention). Il leur suffit de soumettre leur
projet à l’organisation diocésaine Caritas, laquelle donne suite à leur demande en fonction de son utilité et de sa viabilité.
Par ailleurs, 59 millions de pesetas ont été utilisés pour des aides directes, destinées principalement aux victimes du chômage de longue durée,
aux jeunes à la recherche d’un emploi et qui ont charge de famille, aux
personnes âgées de plus de 55 ans qui n’ont plus guère d’espoir de trouver
du travail, ainsi qu’à ceux qui se trouvent sans ressources dans l’attente
d’allocations. Le montant qui leur est alloué est généralement de 30.000
pesetas (env 300 francs), mais l’aide peut être plus importante si le
bénéficiaire a charge de famille ou inférieure si elle va à une personne
vivant seule. La durée de l’aide peut aller jusqu’à six mois.
La campagne de lutte contre le chômage a permis de recueillir en 1987
une somme de 148 millions de pesetas, provenant des paroisses, des institutions religieuses, des collèges, de souscriptions périodiques, de remboursements de prêts, de collectes spéciales et de dons privés.
Mais la lutte menée par l’Eglise ne se résume pas uniquement à des aides
directes. Elle inclut également un important travail de conscientisation.
La commission diocésaine madrilène a pris clairement position. Elle affirme
notamment qu’il est possible de donner une occupation à tous, en mettant
sur pied des activités sociales utiles et exige de nouveaux programmes
d’éducation axés sur des emplois nouveaux. Elle déclare lutter en faveur
d’une politique efficace de partage du travail, et proclame le droit de
tout citoyen à disposer d’un minimum vital. Enfin, elle se déclare favorable à une nouvelle conception de travail orientée plus sur la rentabilité
sociale que sur la rentabilité de la production en encourageant la conversion personnelle et communautaire pour favoriser une égalité et une fraternité plus efficaces. (apic/cip/pr)