Espagne: l’archevêque de Saint-Jacques de Compostelle (050193)
Santiago, 5janvier(APIC) Une nouvelle année sainte s’est ouverte le 1er
janvier à Saint-Jacques de Compostelle, en l’honneur d’un des saints les
plus populaires d’Espagne et d’Europe depuis le Moyen Age. Pour la circonstance, l’archevêque de Compostelle, Mgr Antonio Maria Rouco Varela, a publié une lettre pastorale précisant aux pèlerins les conditions à remplir
pour que leur venue dans la capitale de la Galice porte les meilleurs
fruits spirituels.
Mgr Rouco insiste d’abord sur le caractère religieux de tout pèlerinage
face à des conceptions qui tendent à réduire le chemin de Saint-Jacques ou
même le pèlerinage à un acte purement culturel ou récréatif.
Une récupération non religieuse du pèlerinage
L’archevêque observe en effet que certains récupèrent aujourd’hui, dans
une optique non religieuse ou sécularisée, des espaces, des temps et des
rites qui ont été aménagés par l’Eglise catholique et font partie de son
culte. Le pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle n’échappe pas à l’influence de cette nouvelle mentalité, constate l’archevêque, qui s’offusque
de certains usages: ne lui a-t-on pas annoncé des "pèlerins agnostiques" à
Santiago? N’a-t-il pas lu une brochure parler "d’un pèlerinage ludique" en
Galice?
Une nouvelle année sainte, enchaîne Mgr Rouco, vient bien à point pour
rappeler l’esprit religieux dans lequel doit être accompli un pèlerinage.
Et d’inviter le pèlerin et le visiteur à pénétrer dans la cathédrale de
Saint-Jacques pour découvrir que Dieu l’invite à entrer davantage dans la
"communion des saints", moyennant une conversion plus profonde et une démarche pénitentielle.
Dans une Europe en crise
L’archevêque de Compostelle n’oublie pas que l’année sainte, dans son
diocèse, coïncide avec l’ouverture du grand marché unique européen. Mais
c’est plutôt la "grave crise" de toute l’Europe qui retient son attention:
"On met en question le droit à la vie, au travail, la solidarité entre les
personnes, le minimum de justice et la générosité dans les rapports avec
les peuples les plus pauvres de la terre".
Pour Mgr Rouco, le grand défi européen de l’année 1993 est de réaménager
et de parcourir le temps de l’Europe pour y redécouvrir les racines chrétiennes de chaque peuple. C’est le défi, en d’autres termes, "d’une nouvelle évangélisation".
L’archevêque espère que cette nouvelle évangélisation touchera particulièrement les jeunes chez qui, dit-il, l’hédonisme, l’argent facile, la société de chômage et de désillusion ont créé "un désert existentiel où prospèrent des sentiments ou attitudes de violence, de xénophobie ou de racisme", qu’on imaginait révolus.
Le théâtre le plus dramatique de la violence en Europe est, à ses yeux,
l’ex-Yougoslavie. Mais la guerre qui y sévit, ajoute-t-il, "accuse la conscience de l’Europe toute entière".
Depuis Callixte II, qui fut pape de 1119 à 1124, l’année sainte est organisée à Compostelle chaque fois que la fête liturgique annuelle de saint
Jacques (le 25 juillet) tombe sur un dimanche. Ce sera précisément le cas
en 1993. La précédente "année sainte" en l’honneur de saint Jacques remonte
à 1982, date de la première visite de Jean Paul II dans le célèbre lieu de
pèlerinage. (apic/cip/ba)