Barcelone, 16 novembre (APIC) L’Eglise catalane, constituée de huit diocèses, s’autofinance à 71%. A l’occasion d’une conférence de presse au palais
épiscopal de Barcelone, le délégué épiscopal du Conseil diocésain pour
l’économie, M. Antoni Bascompte, a révélé que l’archidiocèse de Barcelone
réussissait à couvrir 79% de ses dépenses par ses propres moyens.
Cet excellent état de santé provient en grande partie de la générosité
des fidèles catalans. L’Eglise catalane se place ainsi au premier rang
quant à l’indépendance économique vis-à-vis de l’Etat central. Cette
générosité provient en fait d’un travail de conscientisation réalisé par
les évêques catalans afin que l’Eglise de la région puisse, relève le
délégué à la communication sociale, le Père Joaquin Maria Martinez, "se
passer dans un avenir assez proche de l’impôt religieux". Le point fort de
cette solidarité ou communion est constitué par la "Diada de Germanor",
"Journée de la Fraternité", célébrée dimanche 15 novembre en Catalogne.
Dans le reste de l’Espagne, cette journée est appelée "Dia de la Iglesia
diocesana", "Journée de l’Eglise diocésaine". En 1986 la collecte avait
rapporté 99 millions de pesetas, soit 1,5 million de francs suisses.
"Diada de Germanor", réponse à la contribution volontaire
Créée il y a six ans par les diocèses de Barcelone, Gerona, Lérida, Solsona, Tarragona, Tortosa, Urgell et Vic, cette "Journée de la Fraternité"
est une réponse à l’introduction dès 1988 d’une contribution volontaire des
croyants à leur Eglise. Il ne fait aucun doute que de nombreux fidèles parmi les sept millions de contribuables refuseront de payer leur part. Mais
cela ne signifie pas, selon M. Bascompte, qu’ils ne participeront pas économiquement à la vie de leur paroisse.
Mgr Ramon Malla, évêque de Lérida, a rappelé que l’Eglise doit être financée par ses propres fidèles, non seulement à l’occasion de cette journée, mais en fonction d’une conscience chrétienne quotidienne. Les moyens
de communication sociale ont un rôle à jouer dans cette prise de conscience. Les évêques prévoient de verser 15% des recettes à un "fonds commun interdiocésain". Ce dernier est le symbole concret de la communion ecclésiale
dans le domaine économique, les diocèses riches aidant les diocèses
pauvres.
Comme l’a souligné Mgr Malla, la "Diada de Germanor" fournit l’occasion
aux évêques de répondre à un droit légitime des croyants en les informant
sur l’état des finances de l’Eglise. Les statistiques de 1986 ont révélé un
aspect réjouissant : les dons des fidèles, à travers des collectes comme
celle de la "Journée de la Fraternité", ont apporté à l’Eglise catalane une
somme bien supérieure à la part qu’elle reçoit de la Conférence épiscopale,
qui ne correspond qu’à 27% du total des entrées des diocèses catalans.
La contribution volontaire de 1988 n’est pas un impôt religieux
1988 sera une date importante pour l’Eglise espagnole : en effet, c’est
l’année prochaine qu’entrera en vigueur la contribution faussement appelée
"impôt religieux". De l’avis des politiciens celle-ci constituera un test
de la réelle implantation de l’Eglise dans l’Espagne contemporaine.
Selon Antoni Bascompte, il serait erroné de prendre en considération le
seul critère de l’acceptation ou du refus du croyant de verser le 0,5539%
de ses impôts à l’Eglise catholique. Comme l’a souligné l’évêque de Lérida,
cette contribution est volontaire, personne n’est obligé de la payer. Le
contribuable qui désire le faire devra l’indiquer expressément. Dans le cas
contraire, le même pourcentage sera destiné d’office à des fins culturelles
ou sociales. Un fait demeure certain : les contribuables, qu’ils versent ou
non une part à l’Eglise catholique, paieront tous le même montant. Cet argument a permis au responsable de l’économie du diocèse de Barcelone de
dénoncer une campagne de désinformation intitulée "Non à l’injuste impôt
religieux". (apic/cr/cor)