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    Les sectes ont attiré plus de 30 millions de latino-américains

    Espagne: journée de l’Amérique latine le 6 mars 1988 (010388)

    Barcelone, 1ermars(APIC) La Commission épiscopale espagnole des Migrations organise le 6 mars prochain la "Journée de l’Amérique latine" ("El

    dia de Hispanoamérica") destinée à renforcer la solidarité missionnaire et

    la coopération espagnole avec les Eglises latino-américaines. La commission

    affirme clairement dans un document que "les événements de l’Amérique latine ont un impact international permanent".

    Le document de la Commission épiscopale espagnole des Migrations affirme

    que "des thèmes comme les ravages économiques de la dette extérieure, l’invasion des sectes qui ont déjà attiré plus de 30 millions de latino-américains, les revendications de 40 millions d’indigènes concernant la terre et

    leur culture propre, la paix en Amérique centrale, la subversion provoquée

    par le trafic des narcotiques, la faim à Haïti, au Brésil, au Guatemala, au

    Honduras et au Venezuela devraient réveiller la solidarité des membres de

    l’Eglise espagnole". Cette Commission épiscopale est présidée par Mgr José

    Capmany, Directeur national des Oeuvres Pontificales Missionnaires. Bien

    que cinq siècles nous séparent de l’arrivée des premiers évangélisateurs

    espagnols sur les côtes du nouveau continent, 40 à 60 millions d’indigènes

    n’ont pas encore connu la première évangélisation.

    110 millions de migrants en Amérique latine

    D’autre part, le document relève le problème des migrants disséminés sur

    tout le territoire de l’Amérique latine: ils ne sont pas moins de 110 millions, déplacés de leur lieu d’origine en "raison de violentes occupations

    des terres par des compagnies étrangères ou des multinatonales. Il y a ceux

    qui s’exilent pour des motifs politiques, d’autres fuient la faim ou le

    chômage endémique, tous s’accumulent dans les quartiers périphériques des

    agglomérations urbaines monstrueuses et inhumaines".

    Les églises locales des grandes cités sont impuissantes face aux problèmes de l’environnement, aux réclames proposées par la société de consommation, à la drogue et à la prostitution, ou au chantage traumatisant auquel sont soumis les migrants pour obtenir un travail. Toutes ces difficultés ne font qu’augmenter le risque de désenracinement culturel et religieux pour cette population nouvelle. Dans les grandes cités, il n’y a tout

    juste qu’une paroisse pour 15.000, 25.000 ou 40.000 personnes. Selon le document, "ces masses humaines sont le meilleur appât pour les sectes, qui

    leur offrent argent, centres d’accueil et même du travail dans la mesure ou

    ils adhèrent à leurs doctrines et à leurs rites".

    "La faim, le sous-développement agricole, le manque de toits, l’absence

    d’écoles, offrent un panorama désolant. De plus, les épidémies, le manque

    d’hygiène, le nombre de femmes et d’enfants exploités, les handicapés physiques et moteur abandonnés, les personnes âgées et des malades chroniques

    isolés atteignent des taux scandaleux: selon la Société brésilienne pour le

    progrès des sciences, plus de 10 millions de personnes sont mortes de faim

    au Nordest du Brésil entre 1979 et 1984. En plus, 20 millions d’enfants de

    moins de 15 ans travaillent, dont 65% sans être rémunérés. Enfin 45 millions de latino-américains sont analphabètes".

    Le document de la Commission épiscopale des migrations signale avec justesse que les secteurs ou l’Eglise a le plus de mal à pénétrer sont ceux

    des universitaires, des militaires, des dirigeants politiques et des syndicalistes, des artistes, des grands industriels, des banquiers etc... "C’est

    précisement dans ces secteurs que s’élaborent les programmes et les projets

    qui attentent à la dignité des personnes ou de la famille faisant prévaloir

    le bien-être d’un petit nombre sur la misère des multitudes en défendant

    une morale individualiste - ou de la classe sociale - contraire au plan de

    Dieu sur l’homme".

    A l’occasion de cette journée, la Commission pontificale pour l’Amérique

    latine a diffusé un message, signé par son président Mgr Bernardin Gantin,

    dans lequel ce dernier met en relation le "grand événement" que signifie

    pour l’Eglise universelle l’appel du Pape à célébrer le second millénaire

    du christianisme avec le "grand événement" que signifie pour l’Amérique latine le cinquième centenaire de son évangélisation par les missionnaires

    espagnols.(apic/cr/bcy)

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